Selon une enquête Global Benefits Attitudes (GBAS) 2015/2016 réalisée par Willis Towers Watson, 53 % des jeunes salariés (Génération Y) français déclarent subir une pression plus forte sur le lieu de travail.

Les chiffres pour la génération X (45 %) et la génération du baby-boom (37 %) laissent penser que les jeunes salariés sont plus nombreux à souffrir du stress au travail que leurs aînés.

Faible rémunération et effectifs insuffisants

Selon l’étude, qui porte sur 1 007 employés en France les principales sources de stress au travail pour la génération Y sont une faible rémunération et des effectifs insuffisants. Un résultat qui recoupe les données obtenues toutes générations confondues. Viennent ensuite le déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée, lorsque que les baby-boomers mettent également en avant des effectifs insuffisants, la faible rémunération et, point différenciant, la culture de l’entreprise et les changements excessifs au sein de l’organisation.

« L’équilibre vie privée et vie professionnelle est perçue par les salariés de la génération Y comme l’un des principaux facteurs de stress, tandis que les caractéristiques de l’organisation joue un rôle plus important pour les salariés plus âgés », explique Mourad Bentoumi, Directeur du Département Retraite et Avantages Sociaux chez Willis Towers Watson France.

Inquiétudes sur la situation financière

Le rapport révèle également que la génération Y s’inquiète davantage de sa situation financière que les salariés plus âgés, 63% des plus jeunes français ont ainsi déclaré être inquiets contre 69 % pour la génération X et 57 % pour les baby-boomers. Cela étant, la génération Y semble se préoccuper davantage de son avenir que de sa situation financière présente, seuls 20 % déclarant éprouver des difficultés financières.

En complément, l’enquête Global Staying@Work de Willis Towers Watson indique que la perception des employeurs quant aux sources de stress diverge de celle des salariés. En effet, pour les employeurs, les premières sources de stress pour les salariés sont le déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle et un trop grand nombre de changements organisationnels. La faiblesse de la rémunération, qui joue un rôle important dans les préoccupations financières, n’est citée par les employeurs qu’en treizième position des facteurs de stress.

« Dans un environnement où les marges sont serrées, il est difficile pour les employeurs de gérer les problématiques concernant la faiblesse des rémunérations et le niveau des effectifs. Ils peuvent cependant mobiliser les ressources et s’employer à offrir une assistance en matière de gestion du stress et de stratégies d’adaptation par le biais de leurs programmes de bien-être », ajoute Mourad Bentoumi.

Les résultats de l’étude GBAS semblent également indiquer que les jeunes salariés sont plus enclins à s’impliquer et à avoir des comportements nuisibles à leur santé afin de s’adapter contrairement à leurs collègues plus âgés.

Ils sont cependant aussi plus susceptibles de solliciter de l’aide auprès de leur réseau personnel, managers y compris, ainsi qu’une assistance professionnelle, et de faire appel aux services proposés par leur employeur.

« La plupart des employés cherchent à gérer le stress tous seuls, mais une sensibilisation aux comportements contre-productifs pourrait s’avérer utile, notamment pour les plus jeunes », précise Mourad Bentoumi. 

Le rapport indique par ailleurs que les employés qui subissent un stress important perdent près de deux fois plus de journées de travail, que ce soit sous forme d’absentéisme ou de présentéisme, et courent près de deux fois plus de risques d’avoir des problèmes de santé et de se désintéresser de leur travail que leurs collègues peu stressés.

« Les entreprises ne peuvent se permettre d’ignorer le problème du stress au travail. Pour y remédier, les employeurs doivent en premier lieu en comprendre les causes profondes en se plaçant du point de vue des employés. Les entreprises qui prennent des mesures se fondant sur des hypothèses erronées risquent de faire fausse route et de s’attaquer aux mauvais problèmes – une situation qui pourrait, au final, ne conduire qu’à gaspiller de l’argent et à s’aliéner les salariés. Comprendre le point de vue des employés est essentiel si les employeurs veulent s’assurer qu’ils ciblent les vrais problèmes et obtiennent des résultats probants. »