A l’occasion de la parution de la 3e édition du guide du management de transition, Jacques Burtin, directeur associé du cabinet lyonnais Inside Management, dresse une analyse inédite du marché (intervenants, chiffres d’affaires, taille et progression) et délivre ses conseils pour qualifier un cabinet.

Pour vivre heureux, vivons cachés. Ce pourrait être le credo de la majeure partie des acteurs du management de transition. C’est en tout cas le principal constat que fait Jacques Burtin dans la dernière édition de son guide du management de transition.

Depuis la 1ère édition en 2011, il réitère l’exercice tous les 2 ans, afin de tenter de livrer les codes de ce marché confidentiel.
En une soixantaine de pages, l’auteur dissèque le marché du management de transition en France, ses 55 intervenants (38 pure players, 12 cabinets pluridisciplinaires avec une cellule MdT, 3 associations, 2 plateformes de mise en relation) mais aussi le marché européen du MdT et les conseils pour qualifier un cabinet.
L’objectif est d’aider les candidats managers et clients réguliers ou potentiels dans le choix de leur cabinet de management de transition. Et, pour cela, d’informer en toute transparence sur le métier, de suivre l’évolution d’un marché qui s’est complexifié et reste encore trop méconnu.

Le guide dresse 3 constats principaux :
 

1. Le marché du management de transition adore vivre caché

Plus de la moitié (55 %) des cabinets de management de transition ne diffusent pas leurs comptes auprès du greffe du Tribunal de commerce.

« Ceux qui ne publient pas leurs comptes veulent cacher leur taille réelle ou leurs résultats, analyse Jacques BurtinEn France, c’est le grand désert en matière de chiffres utiles. Pourtant, d’autres pays européens se sont penchés sur le sujet et disposent aujourd’hui de données très structurées. » 
La précédente édition du guide, en 2013, a été téléchargée plus de 22 000 fois. C’est dire le besoin d’informations chiffrées que les acteurs historiques et leurs pseudo-instances continuent de ne pas produire.
 

2. Le marché du management de transition n’est pas celui que vous croyez

Le marché français atteint tout juste 160 M€ plutôt que 450 M€

Selon l’association FNMT, le chiffre d’affaires du marché du management de transition se situe entre 350 et 450 millions d’euros. Or, l’addition des CA des différents acteurs (55 cabinets répertoriés) permet d’atteindre à peine les 160 millions d’euros, indépendants compris.
Le calcul a été réalisé en s’appuyant sur les comptes publiés officiellement, ceux sur lesquels communiquent les cabinets ou encore sur les chiffres anciennement publiés avec une remise à niveau.
« Chiffre d’affaires gonflé, progression fulgurante : la communication diffusée par des acteurs historiques voudrait faire paraître ce marché plus gros qu’il ne l’est. Mais en croisant les données sur les coûts moyens d’intervention, les durées moyennes de mission, les chiffres d’affaires et le nombre de missions/an, nous voyons aisément les incohérences. »
 

3. Communiquer sur une croissance à deux chiffres du secteur est irresponsable 

La communication attire beaucoup de prétendants qui peuvent se brûler les ailes
Entre 2013 et 2014, la progression générale réelle du secteur est de 4 % (et non pas de 18 % comme annoncé par certains acteurs), un chiffre comparable à celui du marché global du conseil, estimé à 3 % par le Syntec.

Une évolution qui amène une double analyse :
– le management de transition devient une solution de plus en plus envisagée par les dirigeants d’entreprise,
– le marché attire par conséquent de plus en plus de prétendants (en 2014, le nombre de cabinets est passé de 34 à 55).
« Il y a trop d’acteurs par rapport à la progression réellement constatée. Les déconvenues peuvent être brutales, comme dans tout marché autoproclamé d’avenir. D’où la nécessité pour les entreprises de bien qualifier leurs prestataires », avertit Jacques Burtin.
 

La dernière édition du guide est disponible gratuitement en téléchargement :http://www.inside-management.com/download/Guide-Management-Transition-2015.pdf

A propos de l’auteur 

Jacques Burtin est le fondateur, avec Adrien Jocteur Monrozier, du cabinet de management de transition Inside Management, basé à Lyon. Créé en 2011, ce cabinet est devenu en 2013 le 1ercabinet régional en MdT. Il a connu en 2014 la plus grosse progression du secteur.

Il a au préalable réalisé des missions de direction générale en tant que manager intervenant dans des PMI et des grands groupes internationaux (2000-2007). Il a été directeur associé d’un cabinet de management de transition régional (2007-2011) contribuant au doublement du chiffre d’affaires du cabinet pendant cette période.