Dans son dernier rapport intitulé « L’Europe en Mouvement », Indeed, s’intéresse aux tendances migratoires et à la recherche d’emploi au sein de l’UE-15* afin de déterminer qui sont ces chercheurs d’emploi, les pays et les raisons qui motivent leur démarche, ainsi que leur impact pour les employeurs.

 

 

La libre circulation des personnes est depuis longtemps considérée comme l’un des principes fondateurs de l’Union Européenne. Cependant, face à l’afflux sans précédent de plus d’un million de réfugiés et de migrants sur le continent en moins de 12 mois, ce principe n’a jamais été aussi controversé. Malgré des débats houleux au sein de la classe politique et de l’opinion publique concernant la gestion de cette « crise migratoire », les citoyens européens restent libres de se déplacer et de travailler dans n’importe quel pays du territoire. Aujourd’hui, nombreux sont les citoyens européens à profiter de ce droit et cette tendance est visible sur Indeed.

 

L’Europe attire l’Europe

En analysant les recherches effectuées sur le moteur de recherche Indeed, il ressort que 95% des recherches d’emploi initialement effectuées dans les pays de l’UE-15 concernent la recherche d’opportunités professionnelles dans ce même groupe de pays. Le trio de tête des pays les plus attractifs est sans surprise le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. Si le Royaume-Uni est assez largement en tête, gardons à l’esprit que 75% du trafic se répartit tout de même sur cinq pays comprenant, en plus de ce trio de tête, les Pays-Bas et la Belgique.  Pour le reste des recherches, elles concernent principalement les Etats-Unis (4%). Les 4 pays enregistrant le plus grand nombre de recherches ciblant les Etats-Unis sont respectivement le Danemark (13,2%), le Luxembourg (10,7%), la Grèce (9,8%) et l’Irlande (9,7%).
Il n’est pas surprenant de constater que des personnes vivant dans les pays d’Europe du Sud, frappés de plein fouet par la crise, recherchent un emploi dans les autres pays de l’UE. En revanche, il est intéressant de noter que les chercheurs d’emploi vivant dans des économies plus florissantes comme le Benelux s’intéressent au marché de l’emploi à l’étranger et sont également plus enclins à orienter leurs recherches vers d’autres pays de l’UE, plutôt qu’au-delà des frontières européennes.

 

Les chercheurs d’emploi vivant dans des pays où le marché du travail est dynamique et le taux de chômage faible, tels que l’Allemagne et le Royaume-Uni, s’intéressent relativement peu à la recherche de nouvelles opportunités dans les autres pays de l’UE. La Suisse, bien que ne faisant pas partie de l’UE, est un pays très attractif pour les chercheurs d’emploi allemands et français qui sont très nombreux à vouloir y travailler.

 

La France, deuxième pays le plus convoité, juste après le Royaume-Uni

La France arrive en deuxième position des pays les plus convoités par ses voisins européens. Le revers de la médaille est qu’un nombre plus important d’actifs cherchent à quitter la France qu’à venir y travailler selon le score Indeed d’intérêt net.

 

 

Dans le même temps, le Royaume-Uni est le seul pays européen à jouir d’un score d’intérêt net positif, signifiant que plus de chercheurs d’emploi cherchent à travailler sur le territoire britannique qu’à en partir. Le Royaume-Uni est par ailleurs trois fois plus attractif auprès des chercheurs d’emploi européens que la France ou encore l’Allemagne. Cependant, l’éventualité d’une sortie du pays, dans le cadre du « Brexit », aurait très certainement de lourdes répercussions sur les modèles d’emplois transfrontaliers.

 

A l’échelle internationale et donc si l’on sort de l’Europe des 15, la France est le quatrième pays à émettre le plus de recherches à destination du Royaume-Uni, après les Etats-Unis, l’Inde et l’Irlande.

6 des 10 raisons évoquées comme motivations de partir travailler à l’étranger ne sont pas des raisons professionnelles

Selon une étude du Boston Consulting Group, les raisons poussant les candidats à chercher du travail à l’étranger sont multiples et ne sont pas nécessairement liées à des perspectives professionnelles prometteuses. La première raison évoquée est en effet pour 65% des actifs la volonté de vivre une expérience personnelle. Pour plus de la moitié des interrogés, l’envie d’une meilleure qualité de vie (55%) ou le désir de s’adapter à une nouvelle culture (54%) représentent des motivations réelles de chercher un emploi au-delà des frontières. Evidemment, d’autres résultats viennent contrebalancer ces aspects puisque l’acquisition d’expérience professionnelle (65%) ainsi que l’amélioration des perspectives  (56%) arrivent dans le top 5 des motivations.
Mariano Mamertino, économiste chez Indeed commente :

« Disposer de données concrètes permettant, notamment, de mieux appréhender le comportement des candidats lors de leur recherche d’emploi est un facteur clé qui permet d’optimiser les stratégies de recrutement. Les employeurs peuvent ainsi prendre des décisions stratégiques pour optimiser leurs efforts de recrutement. »

 

Méthodologie

La principale source de données que l’Indeed Hiring Lab utilise pour ses recherches sont les données agrégées et anonymisées relatives aux comportements des chercheurs d’emploi et des employeurs sur le site d’Indeed. Ce rapport se base sur les clics des chercheurs d’emploi et les annonces des employeurs pour la période allant de janvier 2015 à septembre 2015 et concerne les pays de l’UE-15.