Les candidats recherchent un meilleur épanouissement professionnel

2015 marque le début de la reprise du marché du recrutement des cadres, après 2 années de recul, 2012 (-14%) 2013 (-16%) et une année flat en 2014 (+0.6%). Le chiffre d’affaires des cabinets membres de Syntec Conseil en Recrutement a ainsi augmenté, en moyenne, de 5% en 2015, avec une accélération assez forte sur Q4.2015.

A l’occasion de sa conférence de presse annuelle, qui s’est tenue ce jeudi 4 février à Paris, Syntec Conseil en Recrutement a dévoilé les résultats de son enquête Bilan et Perspectives(1). Il en ressort un sursaut de l’activité de ses adhérents, essentiellement concentrée sur le dernier trimestre 2015.

Plus concrètement, les cabinets annoncent avoir recruté, en moyenne, 9 300 candidats. En termes de rémunération, Syntec Conseil en Recrutement note une évolution à la hausse des salaires proposés par rapport à 2012 : 37% d’entre eux se situe sous la barre des 50k€ (contre 45% en 2012), 40% se situe entre 50k€ et 80k€ (contre 38% en 2012) et 24% se trouve au-delà de 80k€ (contre 18% en 2012).

« Clairement, les indicateurs sont au vert en ce début d’année 2016 et la confiance est là. 2015 a commencé de manière atone mais l’activité est maintenant repartie à la hausse et la tendance se confirme », précise Wilhelm Laligant, président de Syntec Conseil en Recrutement. « Certains indicateurs méritent toutefois attention. Une augmentation de la durée de traitement des missions : 11,7 semaines en 2015 pour 10,8 en 2014 et seulement 8,4 en 2012. Une direction des achats de plus en plus incontournable avec souvent une confusion entre le placement et la chasse de tête et une méconnaissance de notre profession », rajoute Wilhelm Laligant.

Ce rebond du marché français accompagne la tendance observable au niveau européen. Le baromètre ECSSA(2), qui mesure la performance des marchés français, allemand, italien, espagnol et belge, rend compte d’une hausse de l’indicateur d’activité qui, pour ces 5 marchés, est passé de 12 à 26 point entre mai et octobre 2015, à l’exception de l’Italie qui a vu ses résultats positifs se dégrader légèrement en 3eme trimestre 2015. La hausse est constatée dans l’ensemble des pays, et la France qui a connu une contraction très négative de son marché a renoué au 3ème trimestre 2015 vers une tendance à la hausse.

« Depuis octobre dernier, la situation a continué de s’améliorer et nous pouvons aujourd’hui raisonnablement anticiper que la prochaine livraison du baromètre Ecssa montrera que la France est repassée dans le vert », tempère Maryvonne Labeille, vice-présidente de Syntec Conseil en Recrutement.

 

Entreprises optimistes, candidats volontaires

La conférence de presse a également été l’occasion de révéler les résultats d’un sondage inédit, réalisé auprès des consultants des 130 cabinets membres de Syntec Conseil en Recrutement.

  • 37,55% des consultants affirment avoir rencontré « un peu plus » ou « beaucoup plus » de candidats au cours des trois derniers mois qu’au cours des mois précédents, 40% estimant en avoir rencontré autant
  • 33,73% ont noté une hausse de l’optimisme de leurs clients en matière de recrutement, contre 48,81% constatent une stabilité de leurs prévisions de croissance
  • 70,24% soulignent une volonté de mobilité professionnelle « stable » ou « plus forte » de la part des candidats rencontrés au cours du dernier trimestre
  • 64,80% constatent que le principal frein à la mobilité des cadres est à chercher du côté des incertitudes du marché, 20% l’imputant au niveau de rémunération proposé.

« Le regard des consultants, sur le terrain au quotidien, corrobore totalement notre vision d’une tendance à la reprise de l’activité. Les entreprises, après avoir reporté des recrutements, envisagent de passer à l’acte, ce qui représente un signal fort, non seulement pour notre marché, mais plus largement pour le marché de l’emploi en France qui lui est nécessairement lié », analyse Antoine Morgaut, vice-président de Syntec Conseil en Recrutement.

 

Le bien-être et l’épanouissement professionnel avant tout

Toujours selon le même sondage, les consultants estiment que les facteurs expliquant la recherche de mobilité des cadres sont, par ordre décroissant d’importance et sur une notation de 1 à 6 :

  • l’évolution de carrière (4,32)
  • le contenu du poste et/ou de la mission (4,19)
  • le contexte de leur entreprise ou de leur secteur d’activité (3,68)
  • un niveau de rémunération jugé insuffisant (3,47)
  • la qualité de leur management actuel (3)
  • la mobilité géographique (2,42)

« Evoluer dans sa carrière, se fixer de nouveaux défis, progresser dans un secteur porteur et enrichissant : voici ce que recherchent désormais les candidats. Si la rémunération demeure évidemment un critère important, nous assistons à la manifestation d’une nouvelle quête de sens qui passe par l’épanouissement au travail. C’est une tendance forte dont les entreprises doivent tenir compte dans leur approche des candidats », explique Antoine Morgaut.

Les hommes, plus enclins à négocier leur salaire

Si la rémunération n’est pas le premier facteur de mobilité pour les cadres, elle n’en demeure pas moins un point central et potentiellement bloquant. Surtout chez les hommes. C’est ce qu’il ressort de l’étude RegionsJob(4) dévoilée à l’occasion de la conférence de presse de Syntec Conseil en Recrutement.

  • 31% des hommes ont obtenu une augmentation en 2015, contre 25% des femmes, alors qu’ils sont autant à être à l’initiative de la demande d’augmentation
  • 67% des femmes n’ont pas négocié leur salaire d’embauche en 2015, contre 51% des hommes
  • 25% des femmes ne négocient jamais leur salaire, contre 11% des hommes
  • les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à stopper un recrutement si le salaire ne leur convient pas

(1) L’étude Bilan et Perspectives a été menée auprès des 130 cabinets membres de Syntec Conseil en Recrutement. Elle interroge notamment l’évolution de leur activité sur la base de la variation de leurs chiffres d’affaires, ainsi que leurs estimations du marché pour l’année à venir.
(2) Le baromètre Ecssa est un indicateur issu d’un calcul mathématique basé sur le German Ifo Index et fondé sur deux facteurs qualité : la perception par les cabinets conseil en recrutement de la situation actuelle et leur estimation de l’évolution de la situation à court-terme. Depuis 2011, la présidence d’ECSSA est assurée par Etienne Deroure, Administrateur de Syntec Conseil en Recrutement et dirigeant du cabinet conseil en recrutement Positis. Plus d’informations sur : www.ecssa.org
(3) Sondage réalisé en ligne du 01/01/2016 au 29/01/2016 auprès des 700 consultants des cabinets membres de Syntec Conseil en Recrutement.
(4) Sondage réalisé en ligne du 03/12/2015 au 10/12/15. Sur les 1 996 répondants, 56,6% étaient des hommes, 43,4% de femmes et 41% des répondants étaient en poste. Les résultats n’ont pas été redressés

 

A propos de SYNTEC Conseil en Recrutement
Le syndicat SYNTEC Conseil en Recrutement est l’unique organisation représentative du métier de conseil en recrutement. Il réunit près de 130 cabinets et assure le recrutement de milliers de cadres par an dans tous les secteurs d’activité et dans tous les corps de métier. L’ensemble des adhérents représente 50% de l’activité de tête du marché français.
Il fait partie de la Fédération Syntec qui représente aujourd’hui près de 70 milliards d’euros de CA et rassemble plus de 750 000 collaborateurs à travers 2 000 groupes et sociétés françaises spécialisées dans les professions des études et du conseil, de l’ingénierie, des services informatiques, et de la formation professionnelle.

Plus d’infos : www.syntec-recrutement.org