Absentéisme : le taux ne faiblit toujours pas en France !

Les salariés français se montrent bien moins motivés que leurs homologues européens.

Les clichés ne sont pas toujours surfaits. En France, le taux moyen d’absentéisme a atteint 4,55% en 2015 selon le 8ème Baromètre Ayming (ex-Alma Consulting Group) qui inclut pour la première fois toutes les tailles d’entreprises. Un chiffre voisin de celui de 2014 pour un phénomène qui touche tous les secteurs, celui des services (tourisme, restauration, distribution, transports etc.) remportant la palme avec un taux de 5,65% ! Eternel paradoxe, le meilleur élève de la classe reste le BTP avec un chiffre de 3,90%. Dissimulation des données ou comptabilisation différente, les experts eux-même ne s’expliquent pas cet indicateur…

Globalement, les salariés des PME (moins de 100 salariés) sont les plus constants au travail avec un taux d’absence de 4,45%, qui s’explique aussi par leur plus grande difficulté à se faire remplacer dans cette taille de structure. Ce chiffre varie toutefois sensiblement en cas d’arrêt de longue durée. Si les entreprises de plus de 100 salariés déplorent davantage d’absents _4,76% des effectifs_ cet effet de seuil n’aurait pas d’impact direct sur l’absentéisme. Le taux varie surtout selon la taille des équipes, la maille fine étant souvent synonyme de qualité managériale.

Sans surprise, il s’avère que le taux d’absence progresse avec l’âge. En 2015, il s’élève à 3 % chez les moins de 30 ans et atteint 6,55 % chez les plus de 55 ans avec 23,9 jours calendaires d’arrêt. Au total, la moyenne française s’établit à 16,6 jours pour une facture constante de 60 milliards d’euros. Si cette durée moyenne est stable d’une année sur l’autre, l‘absentéisme de courte de durée progresse de manière sensible (+7%), tandis que les arrêts de plus de 1 mois régressent (-7%).

Dans le détail, selon le baromètre, la moitié des absences des salariés est liée à leur santé et à celle de leurs proches, l’autre moitié trouve sa source dans l’organisation du travail (surcharge, mobilité, fusion etc.). « L’analyse qualitative réalisée auprès de 3000 salariés européens permet de détecter que nombre d’entre eux se situent davantage dans l’attentisme que dans la mobilisation spontanée. Par ailleurs, les absences de courte durée ont progressé, surtout chez les femmes qui ont la charge supplémentaire de supporter leur famille », complète Yannick Jarlaud, directeur en charge du Baromètre Ayming, qui souligne un sentiment de démotivation, plus marqué chez les salariés français que chez leurs voisins européens, suscité par l’absence de développement personnel et de reconnaissance de leur N+1.

Questionnés par Ayming sur les politiques d’engagement mises en place pour pallier l’absentéisme, 34% des DRH seulement répondent par l’affirmative. Les actions de prévention sont discrètes faute de budget et en raison de l’engagement timide des dirigeants qui redoutent une remise en cause de leur management.

 

Source : http://business.lesechos.fr  /  MARIE-SOPHIE RAMSPACHER