Une enquête Harris Interactive pour Elia révèle que 71% des cadres ne jugent pas les RH utiles pour introduire de nouveaux modes de travail dans l’entreprise.

La transformation digitale est aujourd’hui le mantra de toutes les entreprises. Mais, au-delà des technologies, cette transformation est aussi et surtout culturelle. Elle implique de nouveaux métiers et aussi de nouveaux modes de travail – et l’implication des Directions RH pour conduire ces changements. Mais comment cette nouvelle mission est-t-elle perçue par les cadres des grandes entreprises, toutes générations confondues ?

Une enquête Harris Interactive pour le cabinet Elia, conseil en innovation et transformation digitale, dresse un constat préoccupant pour les Directions RH : 2 cadres sur 3 ne perçoivent pas clairement l’utilité de la DRH dans le contexte de l’évolution digitale, alors que plus d’un tiers constate l’espacement de leurs relations…

Une fonction perçue positivement pour sa mission d’information traditionnelle

Les Directions RH disposent aujourd’hui d’une image globalement positive auprès des cadres des grandes entreprises : 56% d’entre eux en ont une bonne opinion.

Cette opinion favorable se fonde surtout sur la mission traditionnelle pour laquelle on sollicite leurs services : 51% des cadres s’adressent aux RH pour des informations administratives ou juridiques.

Cependant :

  • Ils ne sont que 31% à les solliciter pour un changement de poste (mobilité interne).
  • Seul 1 cadre sur 4 (27%) fait appel aux RH pour le développement et l’apprentissage de nouvelles compétences. Les jeunes générations sont d’ailleurs les moins demandeuses de ce type de service : 18% des moins de 30 ans font appel aux RH pour une demande de formation, contre 28% des plus de 30 ans.

Une distanciation perçue qui n’est pas résolue par le déploiement d’outils digitaux

La fréquence de contact avec les RH se répartit aujourd’hui de manière très inégale : la moitié (50%) des cadres de grandes entreprises déclare avoir plusieurs échanges par an avec leurs RH, quand 11% affirment n’avoir de contact qu’une fois par an, et 38% encore moins souvent.

Le développement des outils digitaux ne semble pas arranger cette fréquence de contact avec les RH pour plus d’un cadre sur 3 :

  • Les contacts sont plus rares (38%)
  • Plus fréquents pour 15% d’entre eux
  • Identiques pour 47%

Pour Aurélien Cunin, Sénior Manager chez Elia Consulting, « Cet éloignement par le digital pourrait peser sur l’image de l’apport des RH à l’entreprise, car la communication à la fois interne et externe est un enjeu fort dans la démarche de transformation de l’entreprise. »

Les RH peu présentes sur l’évolution digitale des emplois

Pour une majorité des cadres, les Directions RH sont jugées utiles pour les missions de recrutement (73%), d’administration (61%) et de développement / formation (55%).

Mais, alors que 80% des cadres estiment que les outils digitaux prennent une part de plus en plus importante dans leur environnement de travail, seuls 29% d’entre eux les jugent utiles pour introduire de nouveaux modes de travail dans l’entreprise.

Si les transformations des modes de travail et des compétences par le digital s’imposent à la majorité, les Directions RH ne sont pas perçues comme un support efficace pour appréhender ce changement de paradigme.

Ainsi, 67% des cadres ont le sentiment que leurs RH ne les aident pas à s’adapter aux évolutions digitales dans leurs univers professionnels.

Sur ce sujet, les plus de 30 ans semblent les plus demandeurs, 70% d’entre eux estimant que les RH ne les aident pas, contre 46% seulement des moins de 30 ans.

Cette absence peut avoir un impact sur la fidélisation des collaborateurs

L’ensemble des cadres interrogés affiche une vraie soif de mobilité : 73% pensent ainsi changer de poste d’ici 5 ans, en restant dans la même entreprise, dont 25% d’ici 1 an.

Mais, au-delà de 5 ans, 43% des cadres envisagent de changer de poste en changeant d’entreprise, Et l’on note que les start-ups attirent particulièrement les jeunes : 45% des moins de 30 ans envisagent une mobilité vers une start-up.

« Pour répondre à cette soif de mobilité, l’enjeu clé pour les DRH pourrait être de promouvoir dans leur entreprise les modes de travail des start-ups », analyse Aurélien Cunin.

Sollicitées surtout sur les questions administratives, les RH doivent pourtant se concentrer sur la transformation « sociale et culturelle » pour reprendre la main sur la transformation digitale et se repositionner dans l’opinion des collaborateurs. Notamment auprès de la génération des moins de 30 ans, très demandeuse de nouvelles méthodes de travail.

« Cette transformation culturelle passe par le développement des soft skills, et par le test de nouvelles formes d’organisation et de travail, qui sont entre les mains des RH. Elles doivent innover et tester, tout en maîtrisant le cadre réglementaire », ajoute-t-il.