Alors que le front de l’emploi reste atone et l’activité économique déprimée

Les bénéficiaires d’un CSP ont retrouvé un emploi après leur formation dans un cas sur deux et 62% ont exercé une activité durant la période observée

Paris, le 30 janvier 2014 Alors que la courbe du chômage n’a toujours pas été inversée, Opcalia profite de l’Université d’Hiver de la Formation Professionnelle qui se tient à Biarritz du 29 au 30 janvier 2014 pour publier les résultats de la dernière édition de son enquête réalisée auprès des bénéficiaires d‘un Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP). Cette enquête confiée à OpinionWay a été réalisée auprès de 2 004 bénéficiaires formés durant un CSP. Elle met en évidence que les bénéficiaires ont retrouvé un emploi après leur formation dans un cas sur deux et que 62% d’entre eux ont exercé une activité durant la période observée. La publication de ses résultats intervient alors que les partenaires sociaux se retrouvent pour discuter d’une nouvelle convention d’assurance chômage mais aussi pour tirer les enseignements des investissements réalisés, particulièrement au titre de la formation, pour le compte des licenciés économiques signataires d’un Contrat de Sécurisation Professionnelle.

Cette étude, très riche en informations, apporte un éclairage et des chiffres très instructifs sur le devenir et la satisfaction des bénéficiaires du CSP. D’une part, sur la perception de l’usager bénéficiaire au regard de l’accompagnement individualisé qui lui est prodigué : sa perception, sa satisfaction. D’autre part, sur l’analyse des résultats en termes d’impact dans l’emploi des bénéficiaires formés.

62% des bénéficiaires ont été en emploi au moins une fois depuis leur sortie du CSP

Si l’on fait un parallèle entre l’enquête 2012 et l’enquête 2014, on constate une dégradation des résultats en matière d’insertion dans l’emploi au jour de l’enquête : de 62% à 50% aujourd’hui. La baisse de cet indicateur semble s’expliquer par la dureté de la crise économique, et le peu de perspectives de certains territoires voire ex-salariés confrontés à de réelles difficultés de mobilité ou de non maîtrise de savoirs fondamentaux.

Si l’on pousse plus loin l’enquête en 2014, on souligne que 62% ont exercé un emploi depuis leur sortie du CSP ; lors de l’enquête, 80% des salariés exerçaient dans une activité à temps plein et 6 bénéficiaires en emploi sur 10 dans le cadre d’un CDI ou un CDD supérieur ou égal à 6 mois.

Plus des deux tiers des bénéficiaires (69%) travaillaient dans une petite entreprise (moins de 50 salariés) / Ils privilégient la proximité géographique de l’emploi au maintien du salaire

L’enquête Opcalia constate qu’une large majorité des ex-licenciés économiques est issue d’entreprises de petite taille (moins de 50 salariés) et ayant probablement fait l’objet la plupart du temps d’un licenciement dans un cadre individuel. Cette photographie contrebalance l’effet déformant en volume des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) constatés lors de liquidations judiciaires d’entreprise médiatisées.

Dans le même temps, les licenciés économiques qui retrouvent un emploi le font plus volontiers et naturellement dans des entreprises de plus grande taille – notamment les entreprises de 250 salariés et plus qui concentrent de plus en plus d’emplois en France, tendance observée par l’INSEE.

Le dispositif s’adresse très majoritairement à des personnes disposant d’un niveau Bac ou inférieur (68%).

Par ailleurs, la précédente enquête le pointait, en matière d’arbitrage personnel, le nouveau salarié qui a concrétisé et transformé son projet professionnel, donne sa préférence à une proximité géographique au regard d’un maintien de sa rémunération antérieure.

Un dispositif qui laisse la porte ouverte à tout type de projet professionnel / Un emploi qui correspond majoritairement à la formationmais des efforts à poursuivre si l’on questionne les raisons des difficultés rencontrées également par une minorité 

Reconversion totale ou partielle, reclassement dans le même métier ou le même secteur, création ou reprise d’entreprise : le projet professionnel de la personne accompagné et guidé par son référent est ainsi d’ambition diverse. Près de la moitié des bénéficiaires envisageait le dispositif comme un moyen, une opportunité de se reconvertir.

L’enquête 2014 sur la vague des derniers bénéficiaires sortis du dispositif depuis au moins six mois précise qu’une majorité de bénéficiaires exerce le même métier (54%) tout en changeant sensiblement de secteur (60%) : reconversions partielles. Les secteurs les plus frappés par la crise économique ont pour corollaire un changement plus fréquent de secteur d’activité.

L’emploi finalement occupé correspond majoritairement à la formation recherchée et suivie.

Toutefois, dans un contexte économique où l’investissement doit être calculé à son juste prix, une minorité d’auditionnés, qui n’ont pas mené à leur terme leur formation, souligne cependant que la formation ne correspondait pas à leurs attentes, qu’elle était trop difficile voire synonyme de problèmes avec le formateur ou pire, sans débouchés… Ces constats doivent interpeler sur la qualité du positionnement du projet et le choix de l’organisme de formation notamment.   

L’accompagnement dans le dispositif : une satisfaction pour l’usager et un satisfecit pour le référent qui l’accompagne / Des enseignements à tirer pour le futur du conseil en évolution professionnelle et du compte personnel de formation ?

De plus en plus, l’individualisation et l’accompagnement personnalisé sont au cœur des problématiques d’adéquation entre l’emploi disponible et les formations à construire. L’usager, acteur ou co-constructeur, de son projet professionnel est une réalité perçue pour une grande majorité d’individus qui sont passés par un contrat de sécurisation. Près de 70% déclarent avoir recherché des formations, plus de 60% avoir procédé à une recherche approfondie des offres d’emploi. L’ensemble des CSP a fait preuve d’une forte autonomie et volonté d’avancer telle que l’enquête le fait ressortir. L’objectif de rendre plus autonomes les licenciés économiques est en passe d’être atteint.

On soulignera également le rôle que peut jouer le référent Pôle emploi ou d’un opérateur privé de placement puisqu’une majorité (55%) de bénéficiaires exprime sa satisfaction dans l’appui qu’il lui apporte sans pour autant avoir exprimé une attente ou un besoin vis-à-vis d’autres acteurs du marché du travail, de l’orientation voire de l’appui conseil.

Ces points plutôt positifs ne doivent pas masquer cependant qu’un certain nombre, non négligeable de licenciés économiques (29%), n’a toujours pas trouvé d’emploi, un an après ou plus, après leur sortie du CSP.

Une forte satisfaction exprimée sur le dispositif / Un usager bénéficiaire prêt à cofinancer sa formation…

Une grande majorité des usagers bénéficiaires exprime sa satisfaction sur le dispositif qu’il recommande très largement à d’autres futurs usagers ainsi qu’à l’égard de la formation suivie (88% de satisfaits).

Une satisfaction qui s’explique par l’utilité perçue de la formation pour se remotiver et/ou pour se perfectionner.

Le financement de sa formation n’est d’ailleurs pas un problème vécu par le bénéficiaire. Seuls 0,5% des bénéficiaires formés motivent la rupture de leur parcours de formation pour des raisons financières. A contrario, 11% déclarent avoir participé au financement. Et dans un futur plus ou moins proche…. Près de 36% de ceux ne l’ayant pas fait déclarent pouvoir l’envisager. Il s’agit peut-être d’un écho à la future mise en œuvre du compte personnel de formation …