Seuls 40% des cadres se déclarent en « veille active »

Neuilly-sur-Seine, le 20 juin 2013 – Si cette nouvelle vague du baromètre RH Michael Page – AGEFI1 confirme le fort désir d’évolution professionnelle des cadres du secteur bancaire, elle montre également leur confiance mitigée dans l’évolution du marché de l’emploi dans le secteur. La précédente édition avait mis en évidence une forte dégradation de l’image du secteur bancaire auprès des cadres qui y travaillent. Les choses semblent se stabiliser mais, avec seulement 68% de répondants ayant une image positive, on reste très en-deçà des scores de novembre 2011 (78%) et, plus encore, de ceux du secteur de l’assurance (89% d’image positive en janvier 2013). La conjoncture économique et le manque de confiance dans l’avenir du secteur expliquent en grande partie que les cadres soient nettement moins nombreux (40%) à se déclarer en veille active en vue de changer de poste qu’en février 2013² (59%). Plus que jamais, s’ils décident de bouger ce sera en premier lieu pour améliorer leur rémunération.

« 58% des cadres interrogés n’ont eu aucune augmentation en 2013. Quand nous les avons interrogés en septembre 2012, seuls 30% prévoyaient ce gel total de leur rémunération. On comprend facilement, dans ce contexte de stagnation des salaires et des bonus, qu’ils soient plus nombreux à placer la rémunération en tête de leurs critères pour le choix d’un nouveau poste », commente  Anne-Sophie Luçon, Manager Executif Senior de Michael Page Banque&Assurance. « L’ambiance générale ne porte pas les cadres à l’optimisme. Malgré tout, je note que l’image qu’ils ont de la banque se stabilise et que leur motivation repart à la hausse, même s’ils sont plus nombreux qu’il y a quelques mois à faire état des situations stressantes qu’ils vivent. »

 

En effet, entre les deux dernières enquêtes, le pourcentage de cadres en poste se disant motivés est passé de 72% à 75%. Dans le même temps, le pourcentage des cadres disant rencontrer fréquemment des situations stressantes, dues à la pression et à la charge de travail, est passé de 79% à 83%.

 

Des évolutions décevantes côté rémunération

Tous types d’activité et de métiers confondus, 58% des cadres du secteur n’ont pas eu d’augmentation en 2013. Le pourcentage est encore plus élevé pour les cadres des sociétés de gestion d’actif (71%) et de la banque privée (62%). En outre, 16% des cadres « bonusables » n’ont pas eu de bonus cette année. Cette absence d’augmentation et de bonus est d’autant plus mal vécue que 40% des cadres du secteur estiment que leur rémunération n’est pas à la hauteur de leurs compétences.

 

Une mobilité professionnelle souhaitée mais plus que jamais sous condition

Une écrasante majorité de cadres se déclare actuellement « à l’écoute du marché » mais ils ne sont que 40% à se dire en recherche active, contre 59% en début d’année. S’ils sont ouverts aux opportunités, ils les recherchent avant tout dans la banque : ils ne sont que 8% à envisager de changer de secteur et, dans cette éventualité, un sur deux choisirait l’assurance.

Dans la perspective d’un changement de poste, les cadres du secteur bancaire citent la rémunération (84% de citations, contre 80% dans la vague précédente) et la mission et les responsabilités liées au poste (69%) comme les critères de choix les plus importants. Les perspectives d’évolution offertes par ce poste restent en troisième position (55%).

La solidité de l’entreprise, son image, sa dimension internationale ou encore son engagement social entrent encore moins en ligne de compte qu’auparavant : aucun de ces critères ne recueille plus de 20% de citations et tous ont reculé de plusieurs points. Si la hiérarchie des critères n’a pas changé, la situation économique et les tensions sur le marché de l’emploi contribuent visiblement à creuser l’écart entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas.

 

Mobilité à l’international… un mythe ?

Trois cadres sur quatre se déclarent prêts à déménager pour saisir une opportunité professionnelle. Si 41% étendent leur mobilité géographique à toute la France, 35% se disent prêts à quitter la France – un projet tentant mais pas si facile à mettre en œuvre. Il faut en effet relativiser cette ambition : sur l’ensemble de l’échantillon, seuls 5% des cadres ont déjà bénéficié d’une mobilité à l’international ; 14% envisagent de formuler une demande auprès des RH. Notons que ces mobilités, tout à fait envisageables en banque de financement, le sont beaucoup moins en banque de détail.