Enquête MERCER : quelles sont les pratiques des multinationales françaises en matière de protection sociale ?

  

Près de la moitié des entreprises opte pour la gestion centralisée

 Le manque de ressources (humaines et financières) apparaît comme le principal freinà la mise en œuvre de garanties minimum

 

Paris, le 9 décembre 2014 – Mercer, spécialiste du conseil et services en ressources humaines, protection sociale et avantages sociaux, a mené une enquête auprès de 87 entreprises françaises. Objectif : apporter un éclairage sur les pratiques en termes de la couverture sociale (santé et prévoyance) des salariés hors France au sein des entreprises françaises ayant une dimension internationale.

Afin notamment d’attirer et de conserver les meilleurs talents dans un contexte de compétition toujours plus forte, les avantages sociaux sont devenus désormais un enjeu stratégique pour les entreprises ; enjeu davantage marqué pour les multinationales au regard de la tendance croissante à l’uniformisation et au pilotage de la couverture globale des salariés. Parallèlement, les questions liées à l’environnement de travail, l’éthique ou la diversité peuvent avoir un impact sur le développement, l’attractivité et l’image de l’entreprise. Dans cet environnement, la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) est également devenue une thématique en forte croissance au sein des multinationales.

 

 Les avantages sociaux, un challenge quotidien pour les multinationales…

Dans un environnement international complexe, les multinationales doivent d’autant plus s’assurer que les avantages sociaux mis en œuvre sont appropriés à tous pays où elles sont installées. 96% des entreprises interrogées par Mercer étant implantées dans plus de 20 pays, une cohérence globale de la politique concernant les dispositifs santé et prévoyance se révèle un avantage compétitif. Pour autant, il existe encore peu de données disponibles leur permettant de se situer dans un écosystème très évolutif.

Selon les résultats de l’enquête Mercer, 51% des entreprises interrogées déclarent ne pas encore avoir mis en place de directives globales relatives à la protection sociale des salariés. Pour autant, près de la moitié de celles-ci (45%) envisagent de le faire  d’ici un à deux ans.

 

Envisagez-vous de mettre en place des directives globales relatives à la protection sociale des salariés

    

    

Une nouvelle tendance forte se dégage également de cette étude : la gestion centralisée de la politique de protection sociale,adoptée par 41% des entreprises. Cette approche n’implique pas forcément une formalisation des directives, puisque seulement 21% des entreprises déclarent avoir officialisé leurs engagements de manière formelle.

Selon l’enquête Mercer, une entreprise sur cinq admet même ne pas effectuer d’évaluation concrète et officielle. De plus, une majorité des multinationales ne disposent pas encore d’un inventaire à jour des avantages sociaux mis en place. En revanche, 42% des entreprises interrogées se sont dotées d’une cartographie de leurs dispositifs de protection sociale à travers le monde, et 31% qui n’en possèdent pas envisagent cependant de s’en doter.

 

…soumis à des obstacles aussi bien humains que financiers

Même si toutes les multinationales s’accordent à dire que le sujet des avantages sociaux devient un enjeu majeur, la question des ressources s’avère un frein à leur mise en œuvre pour un quart des sondés. Si la maison mère apporte souvent un appui technique, les coûts liés à la mise en conformité des politiques locales de santé et prévoyance avec les directives globales sont pris en charge par les entités locales dans 66 % des cas.

Parmi les garanties de protection sociale complémentaire concernées, le risque décès est la priorité (63 %) ; viennent ensuite le remboursement des frais médicaux (54 %), la prise en charge de l’invalidité (53%), la gestion de l’incapacité et des arrêts de travail (46 %). En complément, il est primordial de formaliser la définition des populations à couvrir, ainsi que le niveau des couvertures recommandées.

 

Les avantages sociaux, nouvel élément clé de la responsabilité sociale des entreprises

Pour 83 % des entreprises interrogées, la Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE), témoin d’un véritable engagement citoyen, est la principale raison qui a motivé la mise en place des directives globales relatives à la protection des salariés. Parmi les autres motivations ayant un caractère majoritairement « qualitatif » viennent l’équité de traitement des salariés (46%), ou encore l’attraction et la rétention des talents (41%).

Acte de management fort, la RSE est aussi l’affaire de ceux qui l’appliquent. Si les Directions des Ressources Humaines et Rémunération & Avantages Sociaux restent les acteurs principaux de la protection sociale (67%), les fonctions Financières et Risques & Assurances s’y intéressent de plus en plus. Quant aux Directions Générales, elles demeurent des sponsors attentifs au regard d’un sujet sociétal participant à la satisfaction des salariés et la construction d’une réputation.

« Plus que jamais, la rémunération et les avantages sociaux sont un sujet d’actualité pour les entreprises françaises et jouent un rôle prépondérant tant en termes d’attraction et de rétention des talents que d’image. Pour soutenir une politique pérenne, équitable et efficace à l’échelle globale de l’entreprise, les résultats montrent que des efforts doivent être accomplis dans les domaines de la maîtrise de l’existant, de la gouvernance et du financement des prestations », observe Thibaut Duperret, leader de l’offre de gestion globale des avantages sociaux chez  Mercer France. « Cependant, pour les entreprises qui souhaitent se démarquer et valoriser leurs investissements,  la protection sociale du salarié et de sa famille doit désormais aller  au-delà des prestations proposées et s’inscrire dans une politique plus large de Responsabilité Sociale de l’Entreprise », conclut-il.