93 % des Français estiment que les personnes en situation de handicap sont confrontées à des difficultés sur leur lieu de travail. En tête de liste des obstacles arrive un environnement de travail non adapté pour 68 % des personnes interrogées. Suivent la question de la formation des managers, insuffisante pour 15 % des sondés, et le regard des collaborateurs pour 11 % d’entre eux. A noter, ce dernier item est plus fort parmi les employés (20 %) et les CSP- (16 %) qui le citent comme la principale difficulté, montrant qu’il reste encore un travail de sensibilisation à réaliser auprès de ces populations.

De plus, la perception des Français à l’égard des entreprises en matière d’emploi et de handicap est encore mitigée. Ainsi, 64 % des sondés considèrent que les entreprises ne mettent pas en place les actions nécessaires pour permettre le recrutement des personnes en situation de handicap. Dans les faits, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap dans le secteur privé est de 3,1 %, loin des 6 % imposés par la loi. Pourtant, on observe une réelle amélioration de la prise en compte du handicap au sein des entreprises. Ainsi, 92 % d’entre elles emploient directement ou indirectement des personnes en situation de handicap aujourd’hui3. Le montant des cotisations à l’AGEFIPH a diminué de 7,4 % entre 2012 et 2013, au profit d’une hausse des embauches.

Y a t-il encore des progrès à faire pour parvenir à l’égalité ?

Notons également que les entreprises doivent faire face au manque de qualifications des personnes en situation de handicap, qui ne leur permet pas toujours de recruter les compétences nécessaires auprès de cette population. En effet, près de 80 % des personnes en situation de handicap n’ont pas le niveau bac.
Ce décalage entre perception et réalité peut être attribué à une certaine méconnaissance de la part des Français des mesures existantes pour soutenir le recrutement des personnes en situation de handicap. Ainsi, si 86 % des Français savent aujourd’hui qu’il existe un quota favorisant le recrutement des personnes en situation de handicap, seuls 20 % en connaissent précisément le contenu. Plus des deux tiers trouvent toutefois que ce quota est juste.
Ces données montrent que la question du handicap est complexe et doit impliquer l’ensemble des acteurs concernés : les entreprises pour favoriser l’insertion des personnes en situation de handicap, l’enseignement supérieur pour valoriser les formations, les associations pour accompagner les candidats et les organisations, les autorités publiques pour garantir le cadre administratif et légal, les Français pour continuer de faire changer le regard sur le handicap.