Y-a-t-il un danger à partager ses opinions sur son entreprise ? Pour Lionel Meyer : « Se laisser aller à des confidences, se venger d’une vexation ou d’une frustration, se valoriser par une anecdote croustillante… autant de sources de plaisir ou de soulagement, dont les effets immédiats s’accompagneront inévitablement d’effets indésirables à plus long terme. »

Lionel Meyer est co-fondateur de Luxury Attitude et  Customer Experience, agence de conseil spécialisée dans la relation client.

« Réservons-nous le droit…d’avoir un droit de réserve !

Qu’ils soient élogieux ou sarcastiques, spontanés ou réfléchis, nous aimons faire part de commentaires sur notre entreprise à des Collègues, des proches et parfois même des Clients. Pourtant, sommes-nous toujours conscients de l’impact de tels discours non seulement sur l’image de notre entreprise, mais aussi sur la nôtre ? Si les confidences, commentaires, anecdotes et ressentis positifs renforcent très souvent notre crédibilité et celle de notre entreprise, quel bénéfice pouvons-nous en attendre dès que ceux-ci prennent la forme de critiques négatives, de plaintes ou de moqueries ? Outre la destruction – même minime – d’une partie de la valeur de notre entreprise, notre propre image s’en trouve fréquemment écornée. Se laisser aller à des confidences, se venger d’une vexation ou d’une frustration, se valoriser par une anecdote croustillante… autant de sources de plaisir ou de soulagement, dont les effets immédiats s’accompagneront inévitablement d’effets indésirables à plus long terme.

Pour les mêmes raisons, le Manager s’abandonne parfois à des confidences auprès de ses équipes. Pour gagner l’empathie et la compréhension, pour signifier que « tout le monde est dans le même bateau », le Manager ne se donne parfois pas d’autre choix que de partager ses états d’âme, ses regrets, ses doutes… Là encore, les effets positifs immédiats – loin d’être garantis – sont toujours accompagnés d’effets indésirables sur sa crédibilité.

De cette histoire de droit et de réserve, de droit que l’on se réserve ou de droit de réserve, l’actualité récente nous a donné un bien triste exemple à l’échelle non plus d’une entreprise et de ses salariés, mais d’un pays et de son peuple. Un bilan très lourd pour quelques confidences devenues un succès d’édition… Si, au moins, cela nous servait de leçon ! Lorsque nous avons des responsabilités – même minimes – dans une entreprise ou ailleurs, réservons-nous un droit… de réserve ! »