Paris, le 11 décembre 2013

Towers Watson publie les résultats de son enquête « Tendances 2014 – Gestion des effectifs et des salaires », réalisée au mois de novembre. 63 grandes entreprises en France ont répondu. Face à un climat économique toujours morose, les grandes entreprises restent réservées face à l’avenir : elles diminuent ainsi leurs enveloppes d’augmentations salariales escomptées cet été et n’envisagent pas d’augmentation de leur volume de recrutement pour 2014. Estimé à 2.8% en juillet 2013, le taux moyen d’augmentation des salaires bruts pour 2014 devrait finalement s’établir à 2.3%, toutes catégories de salariés confondues.

« Cette étude montre bien que pour les grandes entreprises, le regain d’activité économique attendu au mois de juillet dernier n’a pas été aussi notable qu’espéré en cette fin d’année 2013, les contraignant à revoir à la baisse leurs budgets d’augmentations salariales», explique Armelle Prokop, responsable du département Rétributions chez Towers Watson. Ainsi, si 53% des grandes entreprises interrogées annoncent qu’elles vont maintenir leurs budgets d’augmentations salariales, 42% d’entre-elles ont décidé de le réduire. Pour autant, si 90% des entreprises interrogées n’envisagent pas un gel des salaires, on observe que le taux moyen d’augmentation salariale s’établit à 2.3% pour 2014 alors qu’il avait été estimé à 2.8% en juillet dernier. Si l’on observe les taux d’augmentations salariales dans le détail, on ne note pas de différence notable entre les catégories de salariés (2.2% pour les cadres et les non cadres, 2.3% pour les cadres dirigeants), ni entre les différents secteurs d’activité.

La rémunération variable davantage individualisée pour valoriser la performance

Les montants de rémunération variable collective (Intéressement et Participation) versés en 2013 ont été similaires pour une entreprise sur deux par rapport aux montants versés en 2012. Mais, concernant 2014, les entreprises envisagent une baisse de ces éléments de la rémunération collective alors qu’à l’inverse 76% des entreprises interrogées annoncent maintenir leur enveloppe de rémunération variable individuelle : « La priorité donnée à la rémunération variable individuelle illustre le fait que les entreprises souhaitent mettre toujours davantage l’accent sur la rétribution à la performance », explique Armelle Prokop.

Gestion des salaires ou des effectifs : les entreprises cherchent à optimiser

Les grandes entreprises vont également revoir à la baisse leurs budgets de recrutement puisque 52% d’entre elles en prévoient une diminution (40% envisagent de les maintenir). De la même façon, 56% des entreprises vont réduire leur recours au travail temporaire (CDD et Intérim) et 39% le maintenir au niveau de 2013. « On observe une augmentation continue des demandes d’entreprises pour mettre en place des GPEC[i] depuis quelques temps, signe que face à des capacités de recrutement contraintes, la priorité des entreprises est de connaître et de formaliser leur patrimoine de compétences en interne », explique Marine De Scorbiac, en charge de la gestion des talents chez Towers Watson.

Le développement de la mobilité horizontale permet aux entreprises d’optimiser leurs ressources internes en capital humain, tout en étant une source de motivation et de stimulation pour les salariés. Si le salaire demeure un élément important pour l’attachement d’un salarié, celui-ci – et en particulier les jeunes générations -, souhaite également avoir une visibilité sur son avenir en termes de perspectives d’évolution et d’expériences valorisantes au sein de l’entreprise. « Cette individualisation des parcours renforce le besoin pour les entreprises de connaître précisément leur patrimoine de compétences afin d’optimiser son utilisation plutôt que d’aller chercher ces mêmes ressources à l’extérieur», conclut Marine De Scorbiac.

[i] GPEC : Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences