Usages et impacts du digital et des réseaux sociaux dans l’entreprise : Le défi de la transformation digitaleBaromètre Cegos – 2ème édition
Pour 88 % des salariés, le digital ne représente pas une source d’inquiétude au travail
Leader international de la formation professionnelle et continue, le Groupe Cegos a dévoilé les résultats de la 2ème édition de son baromètre « Usages et impacts des réseaux sociaux et du digital dans l’entreprise ».
Pour cette édition 2014, 1000 salariés et 300 dirigeants et managers impliqués dans le pilotage des réseaux sociaux et du digital pour leurs entreprises de plus de 50 salariés ont été interrogés en juin 2014.
Les réseaux sociaux et, plus globalement, les outils numériques sont pleinement entrés dans le quotidien des salariés, qui jugent leur impact positif. La transformation digitale de l’entreprise est en marche ; elle bouleverse les organisations en termes d’espaces et de temps de travail et impose de redéfinir le rôle du management.

Une vision beaucoup plus mature des réseaux sociaux

6 salariés sur 10 et près d’un dirigeant sur 2 se connectent au-moins une fois par jour aux réseaux sociaux. Cette adoption se révèle unanime, sans fracture générationnelle notable. Facebook reste le réseau social préféré des salariés (72 % l’utilisent, + 11 points vs. 2012), alors que les dirigeants / managers privilégient les réseaux professionnels (92 % utilisent Viadeo, 82 % LinkedIn).
Fait marquant, près de 2 salariés sur 10 n’utilisent aujourd’hui aucun réseau social. Au coeur des refus d’utilisation, la peur d’être dépossédé : 53 % de ces non-utilisateurs veulent protéger leur vie privée (+ 6 pts vs. 2012) et 33 % craignent une perte de contrôle sur leurs informations personnelles (+10 pts vs. 2012).
Les salariés connectés semblent d’ailleurs leur donner raison : dans la pratique, 60 % d’entre eux ont modifié leurs comportements sur les réseaux sociaux depuis les révélations d’Edward Snowden sur les écoutes de la NSA.

Philippe Gérard, expert Cegos de la communication digitale, note :
« Il ne semble plus y avoir de vision manichéenne des réseaux sociaux. Ils sont aujourd’hui perçus, par les salariés comme par les dirigeants/managers, sans angélisme ni diabolisation, mais avec objectivité : ils sont un outil parmi d’autres dans leur écosystème d’information/relation. Après une phase logique de découverte et d’appropriation, les réseaux sociaux sont aujourd’hui ‘apprivoisés’ et leurs utilisateurs ne paraissent plus démunis dans leurs usages. Cette maturité est d’ailleurs visible à tous les âges. »
Signe d’une moindre appréhension des salariés, 46 % d’entre eux acceptent ou sollicitent les demandes de mises en relation avec / de la part de leurs patrons ; un chiffre en hausse de +154 % depuis 2012 ! Les réseaux sociaux tendent donc à effacer l’autorité « verticale », en ligne avec l’évolution actuelle du mode managérial.

Les réseaux sociaux, un outil d’émancipation et de travail… selon les dirigeants/managers
Conséquence de cette plus grande maturité, les jugements portés sur l’utilité et l’apport des réseaux sociaux se révèlent très tranchés selon que l’on soit dirigeant/manager ou salarié.
Ainsi, 25 % des dirigeants/managers sont d’accord pour dire qu’il est possible de travailler sans les réseaux sociaux, contre 61 % des salariés. De même, 36 % pensent qu’il est possible de vivre sans les réseaux sociaux, contre 56 % des salariés.
Au regard de leur pratique des réseaux sociaux au quotidien, 60 % des dirigeants/managers perçoivent les réseaux sociaux comme des outils d’émancipation (veille, ouverture sur l’extérieur, liberté d’expression…), contre 35 % des salariés.
Dans la même optique, l’impact positif des réseaux sociaux sur l’activité quotidienne des salariés évolue très nettement : 51 % des salariés estiment que les réseaux sociaux ont une incidence positive sur leur accès à l’information (+ 19 pts vs. 2012), 38 % sur leur efficacité professionnelle (+28 pts vs. 2012).

Pour Patrick Galiano, expert Cegos en formation à distance :

Dans l’appréhension des incidences positives des réseaux sociaux, les différences les plus visibles entre managers et salariés ont trait à l’efficacité professionnelle, à la gestion du temps, à la charge de travail, aux relations avec le supérieur hiérarchique. Autrement dit, c’est bien le rôle central des ressources humaines dans la digitalisation du travail dans l’entreprise qui transparaît ici. D’ailleurs, dans l’activité professionnelle proprement dite, les réseaux sociaux sont utilisés par les salariés d’abord dans une logique de partage et de communication et peu pour travailler ensemble. Côté managers, l’usage business est encore peu développé, même si un usage RH (recherche d’emploi, recrutement) commence à émerger. »

Des objectifs différenciés en fonction du secteur d’activité
29 % des salariés (+12 pts vs. 2012) et 86 % des dirigeants/managers (+42 pts) disent savoir que leur entreprise est présente sur les réseaux sociaux.
Facebook demeure le réseau social prioritaire pour les entreprises

 

Patrick Galiano explique :
« Globalement, la communication (visibilité, image, notoriété) constitue la première motivation à la présence online (80 % en moyenne). Mais des différences intéressantes sont à noter au regard de la taille et du secteur d’activité des entreprises. Les réseaux sociaux sont davantage utilisés pour la relation client et le recrutement par les grandes entreprises, quand les PME privilégient la communication. De même, le commerce et la distribution utilisent davantage les réseaux sociaux comme un nouveau canal de vente, alors que les entreprises du secteur banque/assurances visent d’abord la notoriété de leurs marques. »,

Mieux informer et mieux encadrer : une volonté stratégique peu suivie d’effets au quotidien
Si plus de 1 salarié sur 3 avoue communiquer des informations de son entreprise sur les réseaux sociaux, la crainte de s’exprimer vis-à-vis de l’employeur est aujourd’hui plus forte, surtout chez les plus jeunes.
Cette dichotomie entre une plus grande liberté de parole et une plus grande prudence dans l’expression trouve son pendant chez les dirigeants : 42 % d’entre eux pensent qu’il existe, dans leur entreprise, une charte ou des règles qui précisent la manière de s’exprimer sur les réseaux sociaux (+19 points vs. 2012).
Mais 60 % d’entre eux admettent n’avoir proposé, à leur niveau, aucune action d’information/prévention concernant l’usage des réseaux sociaux !

Le réseau social d’entreprise et les outils collaboratifs gagnent du terrain
Près de 30 % des personnes interrogées (+11 pts vs. 2012) pensent que leur entreprise dispose d’un réseau social interne et près des 2/3 l’utilisent. Le réseau social d’entreprise gagne donc du terrain et cette évolution semble progressive puisque 19 % des entreprises envisagent d’en créer un.
Parmi la palette d’outils collaboratifs aujourd’hui disponibles dans l’entreprise, les outils de conversation et de travail collaboratif sont les plus répandus : 76 % des dirigeants/managers utilisent la visio-conférence, 45 % des salariés la messagerie instantanée, etc.
Les outils de contenus (plateforme de formation du type e-learning, blogs, wikis, web TV…) sont les moins utilisés, par les deux populations interrogées.
Philippe Gérard, expert Cegos de la communication digitale, précise :
« Ces constats illustrent bien les évolutions en cours en terme de modes de travail : l’unité de lieu ‘physique’ de l’entreprise perd du terrain, au profit des espaces de co-working, de tiers-lieu. Ces phénomènes sont surtout visibles dans les petites organisations de type start-up, mais les grandes entreprises sont, elles aussi, amenées à redéfinir la manière dont on travaille en leur sein. »
Et si, en la matière, les freins venaient des dirigeants et des managers eux-mêmes ?
En effet, ces derniers croient plus que les salariés à l’apport positif des outils collaboratifs (en termes de productivité, d’organisation et de communication). Mais, dans la pratique, 1 dirigeant/manager sur 2 avoue peu utiliser tous les outils disponibles et avoir du mal dans la manipulation de ces outils (vs. 12 % des salariés dans les deux cas !).
De même, 62 % pensent ne pas être suffisamment informés sur l’usage de ces outils, contre 23 % des salariés.
En la matière, les dirigeants/managers paraissent donc être des « croyants peu pratiquants ».

« Les salariés peuvent être les fers de lance des mutations en cours : 6 sur 10 ont conscience de la digitalisation de leur environnement de travail ; et 8 sur 10 ne la perçoivent pas comme une source d’inquiétude. Notre enquête montre que les réseaux sociaux ont créé un nouveau métier dans une entreprise sur deux : c’est une proportion très importante au regard de la ‘jeunesse’ de ces outils. Les ressources humaines ont tout à gagner à s’appuyer sur cette prise de conscience positive des salariés pour relever le défi de la transformation digitale», conclut Patrick Galiano.


À propos du Groupe Cegos


Créé en 1926, le groupe Cegos est le leader européen et l’un des principaux acteurs mondiaux de la formation professionnelle et continue. Aujourd’hui présent dans plus de 30 pays dans le monde, au travers de filiales et de partenaires distributeurs, Cegos emploie 1200 collaborateurs. En 2013, le Groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 158,5 millions d’euros.
L’expertise de ses consultants recouvre tous les domaines du management et du développement des compétences, et permet de déployer de grands dispositifs de formation en France et à l’international.
Fort de cette connaissance profonde du monde de l’entreprise, Cegos forme chaque année 220 000 personnes dans le monde, en interentreprises comme en intra-. Le Groupe déploie une offre globale (cegos.fr) allant des formations packagées aux solutions sur mesure. Son approche dite « multimodale » associe tous les formats pédagogiques existants. Le Groupe propose également, seul ou en partenariat avec des universités et grandes écoles, 90 formations certifiantes ou diplômantes.
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