« Fin de la spirale infernale de la dégradation de la compétitivité française », déclare François Hollande

Syntec Conseil en Management répond  au président : « Non » !

Le président, François Hollande, lors de son discours résolument optimiste pour les un an des trente-quatre plans de «reconquête industrielle » déclarait : « Nous avons cassé la spirale infernale de la dégradation de la compétitivité française ». Qu’en est-il vraiment ?  Hervé Baculard, Président de Syntec conseil en Management et de la Commission économique Fédération Syntec, analyse la situation de la compétitivité en France :

« Les sportifs de haut niveau savent doser à merveille leur régime entre sucres rapides et sucres lents pour donner de l’énergie à court terme tout en créant au même moment  les conditions de croissance et de vitesse à moyen terme.  Peut-on être aussi optimiste que le Président sur « la fin de la dégradation de la compétitivité française » ?

Non car le régime économique de la France est en carence de sucres lents. Le pacte de compétitivité, principalement au travers du CICE (20 Mds€)  permet de diminuer le coût des bas salaires et de maintenir ainsi à flot une économie languissante et des PME aux abois : c’est peut-être très bien pour le E de (maintien de) l’Emploi mais insuffisant pour le C de Croissance. On espère faire repartir la machine avec des sucres rapides.  Or la croissance dépend de l’investissement qui s’est transformé profondément en 20 ans : plus de la moitié des investissements sont aujourd’hui de la matière grise et non des machines (source OCDE) ; c’est là que le bât blesse.  Les emplois de services à valeur ajoutée (2 millions en France dont près de 1 million au sein de la Fédération Syntec : Conseil, Ingénierie, Numérique) sont handicapés par rapport à leurs concurrents anglais, américains, allemands, italiens… avec un coût du travail majoritairement non concerné par le CICE (limité à 2,5 fois le smic). Pour qu’il y ait création d’emplois,  il faut améliorer notre compétitivité, donc nos exportations, donc notre montée en gamme, donc notre contenu en matière grise. Plus d’emplois à valeur ajoutée, c’est beaucoup plus d’emplois induits résidentiels (commerce, service,..) pour tous les types de qualification.

Oui, le Président a fait le bon choix de la politique de l’offre. Oui, le docteur Valls doit faire évoluer le régime économique de la France : plus de sucres lents (compétitivité hors prix) pour plus de croissance et de création d’emplois. »