Paris, le 18 juillet 2014 – Les entrepreneurs peuvent contribuer à générer 10 millions d’emplois chez les jeunes1 dans les pays du G202 si les barrières à la création d’entreprise sont levées, selon une nouvelle étude réalisée par Accenture. L’étude révèle également que 74 % des chefs d’entreprise interrogés par Accenture déclarent prévoir le recrutement de jeunes talents en 2014, et que pourtant nombre d’entre eux pensent qu’une pénurie de compétences freine la création d’emplois et la croissance.

L’étude Accenture, intitulée « La promesse des entrepreneurs numériques : créer 10 millions d’emplois pour les jeunes dans les pays du G20 », analyse les points de vue de plus d’un millier d’entrepreneurs et met en lumière les barrières qui freinent leur potentiel de création d’emplois et de croissance économique. Le rapport montre que, si 85 % d’entre eux estiment avoir un rôle crucial à jouer dans la création d’emplois pour les jeunes, ils doivent cependant faire face à un certain nombre de défis, notamment la levée de capitaux, l’innovation, le développement à l’international et l’accès aux compétences appropriées. L’étude a été réalisée pour le Sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 qui démarre ce jour à Sydney.

Selon cette étude, de nombreux entrepreneurs estiment que davantage pourrait être fait pour entretenir un environnement propice à la création d’emplois chez les jeunes dans leur pays. Seul un quart (26 %) des entrepreneurs interrogés jugent pertinentes et efficaces les mesures de soutien à la création d’emplois pour les jeunes prises par leur gouvernement. En outre, plus de la moitié (54 %) citent le manque d’incitations comme un frein à l’embauche d’un plus grand nombre de jeunes.

« S’il n’existe aucune solution simple au problème du chômage des jeunes, cette étude fait apparaître que les entrepreneurs peuvent jouer un rôle capital pour relancer la création d’emplois chez les jeunes », commente Bruno Berthon, Directeur Général de l’activité conseil en stratégie et développement durable d’Accenture monde. « Les responsables politiques n’ignorent pas l’importance des entrepreneurs. Cependant, alors que les technologies numériques favorisent l’entrepreneuriat, le cadre législatif et réglementaire peine à suivre dans bien des cas. Les pays capables d’encourager et de soutenir les entrepreneurs seront mieux à même de créer des emplois, de renouer avec la croissance et d’améliorer la qualité de vie globale de leurs citoyens. »

Les pénuries de compétences mettent la pression sur la plupart des entrepreneurs

La pénurie de compétences disponibles vient en tête des préoccupations des entrepreneurs, quelle que soit la taille de leur entreprise. Plus de trois quarts (78 %) des participants à l’enquête disent rencontrer des difficultés à recruter les compétences spécifiques qu’ils recherchent et 62 % évoquent les pénuries de compétences parmi leurs trois principaux problèmes de recrutement. La rareté des talents est ressentie tout autant par les entreprises des secteurs industriels et tertiaires, indépendamment de leur ancienneté.

En outre, de nombreux chefs d’entreprise font état de difficultés à trouver les financements nécessaires, une problématique qui n’est pas propre aux jeunes entreprises. En effet, 32 % des entrepreneurs cherchant à se développer à l’international classent l’accès aux capitaux comme l’une de leurs trois principales préoccupations, la majorité des entreprises (59 %) confrontées à ce problème étant en activité depuis plus de trois ans.

Les entreprises axées sur l’innovation et l’exportation sont les plus susceptibles de créer des emplois

Les nouveaux emplois ont davantage de chances d’être créés par les entreprises tournées vers l’innovation et l’exportation.

·         91 % des entrepreneurs axés sur l’innovation sont plus confiants dans leurs perspectives de création d’emplois que ceux qui ne jugent pas cet aspect essentiel (61 %). Trois quarts (76 %) des entrepreneurs voient dans l’innovation ouverte un facteur d’innovation dans leur activité et 86 % déclarent collaborer avec leurs clients à la co-création d’offres.

·         9 entrepreneurs sur 10 (91 %), qui considèrent l’innovation ouverte comme un moteur d’innovation, s’attendent également à une progression de leur chiffre d’affaires, contre 54 % de ceux qui ne voient pas celle-ci comme un élément crucial.

·         70 % des jeunes entreprises – lancées au cours des 12 derniers mois – envisagent déjà de se développer à l’international, ce qui laisse à penser que leurs créateurs avaient initialement cet objectif.

·         Toutefois, la mondialisation ne signifie pas que les emplois seront créés uniquement à l’étranger : en effet, 86 % des participants à l’enquête prévoient d’accroître plus rapidement leur effectif sur leur marché intérieur que dans d’autres pays. L’étude révèle également que le développement à l’international peut susciter un certain nombre de défis pour les entrepreneurs, tels que la recherche du partenaire adéquat, la connaissance des marchés locaux et de leurs réglementations, l’accès à des compétences sur place et la maîtrise des coûts logistiques.

« Dans leur quête de croissance, les dirigeants d’entreprises prennent de plus en plus conscience de la nécessité de voir au-delà de leurs frontières mais aussi de leur offre actuelle de produits et de services », observe Bruno Berthon. « Ce qui souligne l’importance des mesures de soutien à la prise de risque et à l’entrepreneuriat sur la voie d’une reprise économique durable, sur tous les marchés où la croissance est aujourd’hui en panne. De nombreux pays adoptent d’ailleurs des politiques favorables aux entreprises, mais trop souvent ces politiques restent  largement fragmentées et nombreux sont les entrepreneurs que nous avons interrogés à les trouver insuffisantes. Les chefs d’entreprise souhaitent un cadre réglementaire simplifié qui encourage l’innovation ouverte, alliant des incitations fiscales à un meilleur accès à des financements plus souples. »

1  Le modèle de création d’emplois combine des statistiques en matière de population et de main-d’œuvre, publiées par la Banque mondiale, l’OIT et l’OCDE, et des enseignements tirés de travaux de recherche et d’analyse réalisés par des experts d’Accenture spécialisés dans ce domaine. Pour plus de détails, lire le rapport consacré à la nouvelle étude Accenture, « The promise of digital entrepreneurs: creating 10 million youth jobs in the G20 countries ».

2  Les membres du G20 sont l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la République de Corée, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l’Union européenne.

Méthodologie

L’enquête Accenture « The promise of digital entrepreneurs: creating 10 million youth jobs in the G20 countries » a été réalisée en avril 2014, sous la forme d’entretiens en ligne auprès de 1080 entrepreneurs exerçant leur activité dans les pays du G20, et complétée par les sources suivantes :

·         Forum collaboratif en ligne des entrepreneurs (crowdsourcing)

·         Quatre ateliers organisés avec des entrepreneurs aux États-Unis, en France, en Inde et en Chine

·         Plus de 20 entretiens qualitatifs approfondis avec des experts du domaine

·         Analyse du paysage de l’entreprenariat dans l’ensemble des pays du G20

·         Analyse de modélisation des opportunités de création d’emplois

Pour en savoir plus : accenture.com/digitalentrepreneur