Le projet de féminisation des conseils en Europe vient d’être voté (début novembre) par une nette majorité d’eurodéputés, après plusieurs mois de débat, fixant un objectif de 40% de femmes à l’horizon 2020. Or, la présence des femmes n’atteint aujourd’hui que 16% dans les conseils européens.

Dans ce contexte, le lancement d’EWoB, le 5 décembre prochain, à Bruxelles, lors d’une conférence en présence du Président du Conseil Européen, Herman Von Rompuy, prend tout son sens

EWoB est un réseau d’organisations à but non lucratif, ayant pour objectif de devenir le réseau européen de référence promouvant l’accès de femmes, hautement qualifiées et avec des profils diversifiés, aux conseils d’administration des entreprises en Europe. EWoB souhaite également diffuser les meilleures pratiques de gouvernance, combinant des ambitions à la fois quantitatives (contribuer à augmenter le nombre de femmes dans les conseils) et qualitatives (proposer un vivier de compétences en ligne avec les évolutions des enjeux décisionnels de compétitivité, de stratégie, de croissance et de financement). Par ailleurs, les exigences d’expérience internationale se développent parmi les administrateurs femmes.[1]

EWoB compte déjà cinq associations membres : Women on Board en Belgique (www.womenonboard.be), l’Institut Norvégien des administrateurs , l’Association of Board Professionals en Finlande (www.boardprofessionals.fi), l’Institute of Directors au Royaume-Uni (www.iod.com) et l’Association des Femmes Diplômées d’Expertise Comptable Administrateurs en France (www.femmes-experts-comptables.com).

L’objectif d’EWoB est d’étendre son réseau à toute l’Europe, dans une approche sélective avec un maximum de trois associations membres par pays. EWoB est une asbl (association sans but lucratif) de droit belge. L’initiative d’EWoB est soutenue par Ecoda (European Confederation of Directors’ Association).

« Les valeurs d’EWoB, les 7 « I » (Innovation, Inclusiveness, Intelligence, Integrity, Involvement, Interaction, Intangible Values[2]), profilent la dynamique de gouvernance pour laquelle l’AFECA et les autres membres du réseau EWoB s’engagent, affirme Marie-Ange Andrieux, co-présidente de l’AFECA et d’EWoB. Selon nous, entrer au conseil d’administration n’est, pour une femme, pas une fin, mais un moyen de transformer la diversité de genre en opportunité de compétences. Par des administratrices porteuses d’expertises comme de « soft skills » (« savoir être ») en ligne avec les besoins de nouveaux profils et de vision du conseil, l’objectif est de délivrer de la valeur ajoutée et de l’innovation dans le débat stratégique collégial sur le business model, mais aussi dans les travaux des comités (audit, nomination, rémunération…).

La professionnalisation en cours de la fonction  d’administrateur est profitable à des réseaux comme l’AFECA et l’association EWoB. Nous souhaitons contribuer à une gouvernance gage de confiance, en combinant performance (au service de la compétitivité) et éthique (dans le respect d’une croissance durable inclusive des parties prenantes). Nous sommes en ligne avec l’objectif 2020 de l’Union européenne pour une « smart, inclusive and sustainable growth » (« croissance économique durable, intelligente et inclusive »).

«  Nous croyons fermement que la féminisation des plus hautes instances décisionnelles de l’entreprise est un facteur de croissance économique durable, explique Françoise Berthon, co-présidente de l’AFECA et vice-présidente du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables. Ce sont également des lieux d’exemplarité pour la valorisation du capital féminin de l’entreprise, dans sa globalité. Nous sommes persuadées que les femmes experts comptables, par leurs compétences et leur rigueur, ont leur place à prendre dans cet échiquier de la gouvernance au niveau national comme européen. Nous sommes déterminées à diffuser les meilleures pratiques de gouvernance ; voilà pourquoi l’AFECA est membre affilié d’Ecoda depuis déjà 2 ans et s’est maintenant engagé comme membre fondateur d’EWoB. »