« 33 % des salariés seraient prêts à travailler le dimanche pour gagner plus »

Sondage des Editions Tissot réalisé par Opinion Way, du 19 au 27 mars 2014, auprès de 1.050 salariés d’entreprises privées et publiques

Dans leur dernier sondage à paraitre le 22 avril sur le site www.editions-tissot.fr, lesEditions Tissot, spécialistes de documentations, formation et conseil en droit du travail, comptabilité et fiscalité pour les professionnels, se sont intéressées à la vision des Français sur l’argent au travail.

L’argent, un critère important pour les salariés

86 % des salariés, du privé comme du public considèrent le niveau de salaire comme un critère important.

Parmi différents avantages que l’entreprise peut proposer (augmentation de salaire, véhicule de fonction, titres restaurant, mutuelle, mise en place d’une crèche, etc.), ils sont71 % à préférer une augmentation de salaire.

Selon le sociologue Ronan Chastellier, l’humain réel n’a qu’une envie : augmenter son niveau de salaire. « Dans un contexte d’incertitude, de crise économique, il y a une préférence pour la liquidité, pour l’argent ». Aujourd’hui, il semble y avoir un vrai besoin de « transformation monétaire » de son activité, quel que soit le secteur dans lequel se trouve le salarié. L’argent, le niveau de salaire éclipserait tout le reste comme une sorte de référent absolu.

Seulement 7 % seulement des Français choisissent de bénéficier en priorité d’avantages sociaux comme une crèche, une mutuelle. Concernant les mutuelles, ce choix est de toute façon éphémère puisqu’au 1er janvier 2016 au plus tard, tous les salariés bénéficieront d’une couverture complémentaire santé (loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi, art. 1).

Si l’argent est important pour une écrasante majorité des salariés, plus d’un Français sur dix considère toutefois que le niveau de salaire est un critère peu ou pas important du tout. Ceci s’explique peut-être par les garanties existantes : le salaire ne peut être inférieur ni au SMIC, ni aux minima fixés par la convention collective applicable.

Les Français prêts à travailler le dimanche

« Fait nouveau, pour gagner plus, les salariés sont maintenant prêts à travailler plus, alors que ce thème semblait encore délicat il n’y a pas si longtemps », rappelle le sociologue. « La corrélation semble établie dans les esprits entre l’importance de l’effort et la rétribution ».

33 % des salariés seraient ainsi prêts à travailler quelques dimanches payés double.Contrairement à une idée reçue, il faut savoir que le travail le dimanche n’est pas toujours payé double. Parfois les salariés n’ont même pas de contrepartie financière mais un simple jour de repos accordé par roulement (sauf disposition contractuelle ou conventionnelle plus favorable). C’est par exemple le cas pour le travail en continu (C. trav., art. L. 3132-14) ou pour les dérogations au travail le dimanche liées aux contraintes de production ou aux besoins du public (C. trav., art. L. 3132-12).

Pour gagner plus, 58 % des Français envisagent d’accomplir des heures supplémentaires. En effet,ces heures donnent droit à une rémunération majorée et/ou à une compensation en repos, dans le respect d’un nombre d’heures (on parle de contingent) prédéterminé (C. trav, art. L. 3121-22). En revanche, depuis 2 ans, les heures supplémentaires ne sont plus défiscalisées alors que 30 % des salariés recherchent justement des mesures pour optimiser leur impositionsur le revenu.

21 % des Français sont prêts à travailler plus en prenant un emploi complémentaire. Dans une telle situation,le salarié n’a, en principe, pas l’obligation de demander à son employeur une autorisation pour exercer un 2nd emploi ni même à l’en informer. Il doit cependant lui permettre de s’assurer que les durées maximales de travail sont respectées (C. trav., art. L. 8261-1).

17 % n’hésiteraient pas à ramener du travail à la maison. En plus des durées maximales de travail,il est important de rappeler à ceux qui sont prêts à rapporter du travail à leur domicile que les temps de repos doivent être respectés  (C. trav., art. L. 3131-1, art. L. 3132-2).

Pour Ronan Chastellier, c’est une véritable mobilisation pour de l’argent. L’argent qui semble d’une certaine manière « rudoyer » le bureaucrate, établissant une culture de l’activité, de la pluriactivité, voire de l’hyperactivité. Et dans cet esprit, l’argent peut devenir véritablement « dominant et structurant », voire véritablement intrusif compte tenu d’Internet, des nouveaux formats de portabilité, on pourra peut-être bientôt mesurer la perte substantielle de vie privée liée à l’argent.

Face aux augmentations d’impôts sur le revenu, 44 % des Français sont « dégoutés » de gagner plus d’argent

Travailler plus ne signifie pas toujours gagner plus. C’est le drame de la fiscalité qui démobilise presque un salarié sur deux ! L’autre moitié des salariés se tourne vers les recherches d’optimisations fiscales (30 %). Seule une petite part (15 %) continue à avoir envie de gagner plus malgré le contexte fiscalet10 % ont carrément envie de frauder !

Contrairement aux idées reçues, 75 % des salariés français seraient prêts à divulguer leur salaire à leurs collègues

Pour Ronan Chastellier « L’argent semble introduire un effet de vérité dans les rapports humains »

L’idée jusqu’alors un peu taboue de transparence « salariale » – dire son salaire de manière décomplexée – s’impose dans le monde du salariat. Alors que jusqu’à présent, on préférait encore donner son opinion politique, que de parler de son salaire.

Plus étonnant encore, 52 % sont même prêts à être transparents sur leur salaire y compris avec leurs subordonnés.