Pour la première fois, la direction Ile-de-France d’Amallia organisait, le 7 novembre dernier, une conférence sur l’emploi en Ile-de-France, en partenariat avec l’APEC et le CNCRES. Objectif : analyser le marché de l’emploi des cadres et les secteurs porteurs, notamment les entreprises de l’économie sociale, et faire un point sur les aides que peut apporter Amallia pour dynamiser l’emploi.

 

Mathias Perriot, Directeur Territorial Ile-de-France et Economie Sociale d’Amallia, Pierre Lamblin, Directeur des études et de la recherche à APEC et Eric Forti, Président du CRESS Ile-de-France, sont intervenus pour croiser analyses et opportunités. Ce type de rencontre est particulièrement importante à l’heure où 40% des entreprises signalent que les problèmes de logement les affectent d’une manière ou d’une autre, particulièrement pour les jeunes salariés (82 %)*.

 

Le marché de l’ESS et ses opportunités

 

Contrairement aux idées reçues, l’ESS est un secteur qui recrute et qui assure des salaires équivalents à ceux du privé, dès le premier emploi. L’ESS, c’est aujourd’hui 10% des emplois et du PIB. Sur 4 millions de cadres recrutés dans le privé cette année, 13% l’ont été dans des structures de l’ESS, principalement dans les coopératives (48%) et dans les mutuelles (30%)**, deux des acteurs majeurs qui structurent ce secteur. Associations, coopératives et mutuelles constituent à elles seules 223 000 entreprises en France et répondent à des difficultés économiques actuelles (délocalisation, licenciements massifs, etc.).

2015 sera l’année du papy-boom : ¼ des cadres partira à la retraite. Une donnée qui se transforme en enjeu de transmission des savoirs, avec notamment une formation indispensable des fonctions Ressources Humaines sur ces sujets. Ces départs devront être équilibrés par l’arrivée des jeunes actifs. Selon une étude publiée récemment par le Crédoc***, le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) représente un potentiel de 114 000 embauches de jeunes par an.

 

 

Un sujet important pour les entreprises : le logement des salariés

 

La mobilité constitue un enjeu clé de ce marché de l’emploi. Outre l’attachement culturel des Français à leur logement, le rapport salaire/coût du logement pousse une partie croissante de la population active à refuser une offre d’emploi, notamment vers la région parisienne ; 70 % des actifs refuseraient un emploi si cela les obligeait à accroître leurs dépenses logement*. Le logement des salariés devient donc un argument dans l’embauche et l’accompagnement des salariés, en accompagnant leur mobilité.

 

 

 

Les jeunes constituent une cible très touchée par la crise du logement, ce qui les empêche d’accéder à l’emploi, notamment en Ile-de-France. 2012 a donc vu la signature d’un Accord National Interprofessionnel visant à faciliter l’accès au logement des jeunes, afin de favoriser leur accès à l’emploi. Les acteurs d’Action Logement expérimentent donc différents modèles.

La colocation doit permettre d’assurer aux jeunes actifs un logement accessible. Autre solution qui offre une grande flexibilité : les résidences temporaire à vocation sociale, qui permettent à un jeune de ne pas rechercher immédiatement un logement pérenne, pendant sa période d’essai. Amallia étudie toutes les solutions, permettant de faciliter l’accès au logement des jeunes, en partenariat avec les acteurs dédiés (ALJT, AILOJ…) mais aussi avec les bailleurs sociaux.

Des expérimentations menées dans des opérations HLM de constructions neuves dédiées totalement ou partiellement à la colocation ont en effet mis en évidence la nécessité, pour atteindre l’objectif de 10 000 places de colocation par an, d’élargir à l’adaptation de logements anciens et la construction de logements non HLM.

 

* Chiffres tirés de l’enquête CREDOC de 2012, sur le thème des répercussions directes et indirectes de la crise du logement sur l’emploi.

** Sources : APEC – perspectives de l’emploi des cadres 2013.

*** Télécharger le rapport « Etude des besoins en main-d’œuvre dans le secteur de l’économie sociale et solidaire »