Perspectives 2014

Paris, le 19 novembre 2013 – En pleine négociation des partenaires sociaux sur une future réforme de la formation, AGEFOS PME présente un 1er point de vue des TPE-PME. Le cahier spécial du 22e baromètre Perspectives aborde de nombreux thèmes d’actualité dont notamment l’obligation légale de formation et sa réforme. Ce baromètre sur l’emploi et la formation dans les TPE-PME, réalisé avec Ipsos du 3 au 17 octobre dernier sur un échantillon représentatif, est une initiative d’AGEFOS PME, 1er gestionnaire des fonds de formation professionnelle en France.

Cahier spécial

Plan de formation et réforme de la formation : un point de vue original des TPE-PME

Le baromètre a interrogé les chefs d’entreprise au sujet du recours, de l’efficacité et de la possible évolution du Plan de formation dans le cadre d’une future réforme de la formation professionnelle.

La loi n’oblige pas l’entreprise à mettre en place un plan de formation mais l’obligation de former les salariés pour leur permettre de s’adapter à l’évolution de leur emploi.

Plus d’un tiers des TPE-PME est doté d’un plan de formation (34 %). Celles qui en bénéficient, jugent, en grande majorité (78 %), le plan de formation comme efficace. Elles sont par contre légèrement moins nombreuses à envisager, en 2014, la mise en place d’un plan de formation (28 %).

Cet écart s’explique par le fait que la mise en place d’un plan de formation dans les TPE-PME se fait surtout en fonction de la temporalité des besoins et celle-ci est souvent inférieure à 6 mois.

Pour être à l’écoute des besoins, l’accompagnement et le conseil apportés par l’OPCA est majeur, il est d’ailleurs considéré comme une ressource utile dans 71 % des cas.

Plus spécifiquement interrogés sur la nécessité de la contribution légale au plan de formation, 2/3 des dirigeants de TPE-PME reconnaissent nécessaire cet investissement. Pour ceux qui se sont exprimés par la négative (30 %), la majorité préconise de diminuer l’obligation légale au titre du plan de formation.

Toutefois, lorsque l’on interpelle les TPE-PME sur l’articulation entre le plan de formation et la réponse à leurs besoins économiques, ils sont 81% à souhaiter conserver la contribution au plan de formation. Les répondants estiment également nécessaire de recentrer la contribution formation sur les publics prioritaires (72 %), dans une moindre mesure d’utiliser une partie plus importante de cette contribution pour former les demandeurs d’emploi (56 %) et enfin d’utiliser une partie de cette contribution formation pour financer et développer des nouveaux dispositifs (48 %).

Au-delà des questions relatives au plan de formation, la principale attente vis-à-vis d’une future réforme de la Formation professionnelle continue (FPC) concerne avant tout la simplification des règles et des dispositifs (80 %). Viennent ensuite le renforcement du rôle de Pôle emploi (56 %) et un financement orienté vers les publics prioritaires (54 %).

Perspectives de l’activité et de l’emploi : les chefs d’entreprise prudents pour 2014

Les prévisions sur l’activité des entreprises exprimées à l’occasion du baromètre 2014 montrent des projections qui demeurent peu optimistes. Elles sont cependant légèrement plus favorables cette année avec 16 % des répondants qui anticipe une hausse contre 14 % en 2013.

Les prévisions liées à l’emploi/au recrutement semblent également plus favorables pour 2014. Si les embauches prévues évoluent peu (13 % en 2014 contre 12 % en 2013), la réduction des effectifs est moins envisagée (- 5 points passant de 13 à 8 % des prévisions). Une baisse significative qui confirme que 2013 avait été vue avec beaucoup d’incertitudes. Le détail des embauches prévues concerne principalement des créations de poste (72 %). Cette proportion, notamment pour les entreprises les plus petites, est à mettre en perspective avec les difficultés de recrutement rencontrées de manière constante par les TPE-PME. Plus de 4 chefs d’entreprises sur 10 (43 %) déclarent en effet rencontrer des difficultés dans leurs recrutements (46 % en 2010, 42 % en 2009…).

Pratiques de formation : les entreprises privilégient les actions obligatoires

Pour répondre aux besoins de qualification des TPE-PME, deux orientations demeurent les plus citées, comme en 2013 : la formation des salariés (6 répondants sur 10) et le recrutement de personnel qualifié (1 répondant sur 2). Les orientations relatives au recrutement en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation restent stables.

Concernant le niveau des budgets alloués à la formation professionnelle, l’obligation légale reste la norme bien qu’il y ait 1 chef d’entreprise sur 5 qui y alloue un budget supérieur. Pour les entreprises qui déclarent un budget formation en hausse (26 %), celle-ci s’explique encore par un besoin de nouvelles compétences[1]. Deux orientations connaissent une évolution sensible depuis l’année dernière : une proportion de TPE-PME volontariste en matière de formation qui diminue (28 contre 37 %), et à l’inverse un renforcement de celles qui privilégient des formations obligatoires (comme la sécurité…), 24 % contre 18 %. Ces évolutions peuvent notamment s’expliquer par le ralentissement économique, période où l’entreprise va privilégier ce type de formations. On le constate particulièrement dans les intentions de formations des 12 prochains mois. Ce sont en effet les formations obligatoires d’une part et techniques d’autre part qui restent les domaines de formation privilégiés, respectivement 52 et 51 %.

Les TPE-PME et les services de l’OPCA[2]

Dans un secteur en évolution permanente, le rôle de l’OPCA s’affirme au sein des TPE-PME. Les visites des conseillers Emploi-Formation sont au cœur de l’Offre de Services des OPCA, pour écouter les besoins et déclencher, s’il le faut, le recours à la formation.

La majorité des entreprises interrogées précise n’avoir jamais été visitée par un conseiller de leur OPCA (63 %). La fréquence des visites augmente cependant très vite en fonction de la taille de l’entreprise.

En 2012, AGEFOS PME a réalisé près de 61 000 visites soit 16 % de l’ensemble des entreprises adhérentes.

Au-delà de la visite (79 %), la satisfaction face aux services apportés reste stable pour la gestion administrative (78 %) et la communication (74 %). Deux éléments, tout en restant largement positifs, évoluent : l’aide financière en recul de 12 points (61 % cette année) et le conseil qui bondit de 6 points pour atteindre 81 % de satisfaction.

Méthodologie

Enquête menée par Ipsos du 3 au 17 octobre dernier 2013, selon la méthode des quotas, par téléphone auprès de 501 employeurs (dirigeants et Responsables RH) de Très petites entreprises (TPE de1 à 9 salariés) et de Petites et moyennes entreprises (PME de 10 à 499 salariés).