Le deuxième volet de l´étude Randstad Award se penche sur la manière dont le grand public perçoit l´attractivité des entreprises privées, des ministères et des institutions de la santé. En d´autres termes : quels sont leurs atouts respectifs? En plus de permettre la comparaison, cette partie vise aussi à mettre au jour d´éventuels décalages entre les attentes du grand public et la réalité telle qu´il la perçoit.

Le top 5 des critères d’attractivité les plus communément associés aux employeurs des secteurs donnés

Top 5

Entreprises (35 %)*

Ministères (53 %)

Santé (44 %)

1er critère

Financièrement saine

Sécurité de l’emploi

Emplois intéressants

2ème critère

Perspectives de carrières

Emplois intéressants

Démarche sociale et environnementale

3ème critère

Management fort / de qualité

Perspectives de carrières

Sécurité de l’emploi

4ème critère

Emplois intéressants

Financièrement saine

Formations de qualité

5ème critère

Formations de qualité

Formations de qualité

Ambiance de travail agréable

 

* Le chiffre entre parenthèses correspond à l’attractivité globale de la catégorie d’employeur donnée (la part des personnes interrogées qui répondent favorablement à la question : souhaitez-vous travailler pour une entreprise ? Un ministère ? Un établissement de santé ?).

D´emblée, une conclusion s´impose à la lecture du tableau. Les principaux critères sur lesquels se fondent les attentes des salariés ne correspondent pas à leur vision de ce que proposent les employeurs. Alors que les Français(e) espèrent d’abord d’un futur employeur une rémunération attractive, ce critère n’est associé à aucun d’entre eux dans le Top 5 – qu’il s’agisse d’une entreprise privée, d’un ministère ou d’un établissement de santé.

Aux yeux des sondés, les entreprises seraient donc financièrement saines mais pas en mesure d’offrir un salaire attractif ni la sécurité de l’emploi. Comment expliquer ce paradoxe ?

Sans doute le flot nourri de mauvaises nouvelles sur le front de l´emploi – fermetures d´usines, plans sociaux, etc. – a-t-il fait son œuvre. Mais cela relève peut-être aussi du sentiment que les entreprises, malgré la crise, restent toujours perçues comme des organisations qui dégagent des profits. Et donc gagnent de l´argent. Les Français verraient-ils alors les entreprises plus riches qu´elles ne sont? Etonnamment, ce paradoxe semble faire écho à la résonance médiatique que suscitent en France les licenciements économiques quand bien même ceux-ci ne représentent qu´une part minime des destructions d´emploi.

Notons cependant que l’attractivité globale des employeurs (publics et privés) est en hausse en 2014. Les entreprises privées, à 35 % d’attractivité, gagnent six points par rapport à 2013, là où les ministères (53 % vs 48 %) et la santé (44 % vs 39 %) progressent chacun de cinq points en un an. Les anticipations du public concernant une amélioration de la conjoncture semblent bénéficier à l’image des employeurs, ceux-ci devenant cette année plus attractifs.

Service public : les ministères toujours aussi attractifs

Les différences d’attractivité entre secteurs perdurent malgré tout. Les entreprises privées, malgré un taux d’attractivité en hausse (35 % des personnes interrogées disent ainsi vouloir travailler dans une entreprise privée, contre 29 % un an plus tôt) restent distancés par la santé et les ministères. Toujours aussi populaires, les ministères bénéficient d’une attractivité dont le socle repose sur des valeurs intangibles, qui ne varient pas selon les cycles économiques. Il s’agit notamment des valeurs d´égalité et d´intérêt général, inhérentes à leurs missions de service public.

Cet atout indéniable pour attirer les talents, Abdel Aïssou, directeur général du Groupe Randstad France et ancien haut-fonctionnaire, estime que les ministères doivent le mettre davantage au service de leur capacité à recruter parmi les plus jeunes.

« Les ministères enregistrent leurs taux d’attractivité les plus faibles auprès de deux catégories stratégiques : les plus jeunes, c’est-à-dire les 18 – 24 ans (44 %), et les plus diplômés, soit celles et ceux dont le niveau d’études est supérieur à Bac +5 (42 %). Ces scores doivent inciter les ministères à développer et déployer leur marque employeur auprès de ces populations en appui sur les nouveaux outils, numériques notamment. L’enjeu est de préserver leur capacité à attirer les jeunes diplômés à l’heure où les départs à la retraite vont aller croissant et les recrutements devenir plus contraints sous l’effet des options budgétaires ».

 

Autre point saillant de ce volet des Randstad Awards, la comparaison public – privé. Parmi les cinq critères qui, selon le grand public, déterminent leur attractivité respective, les entreprises et les ministères en partagent quatre, soit un de plus qu’en 2013 : tous deux sont perçus comme étant financièrement sains, offrant des emplois intéressants et des formations de qualité avec, à la clé, des perspectives de carrière. Ces similitudes semblent conforter la thèse d’un effritement de la barrière qui a longtemps prévalu entre deux secteurs

souvent opposés dans le discours commun. Les personnes interrogées perçoivent les ministères et avec eux, l´ensemble du service public, comme une alternative pleine et entière à une carrière dans le privé. Conclusion, en termes RH, la dichotomie public – privé est sans doute inopérante.

La santé séduit de plus en plus les hommes

Enfin, s’agissant de la santé, notons que ce secteur, comme l’an passé, est le seul à classer dans le Top 5 des critères d´attractivité la démarche sociale et environnementale. Cette distinction est semble-t-il à mettre au compte des notions de vocation, d’engagement au service d’autrui et de lien social que suscitent traditionnellement les métiers de la santé. La crise n´aura donc pas entamé

leur bonne image, ce critère « sociétal » progressant même de huit points par rapport à 2013, année où il s’était pourtant hissé en tête du classement. Autre enseignement important, la santé continue de séduire les hommes : son taux d’attractivité augmente de deux points, passant de 37 % en 2013 à 39 % en 2014. Cependant, alors que l’écart n’était que de trois points l’an passé entre les femmes et les hommes, il a triplé cette année sous l’effet de sa forte hausse auprès des femmes (48 %, + 8 points sur un an). Dernier point : tandis que la santé affiche des scores supérieurs à la moyenne nationale sur la plupart des critères Ressources Humaines (sécurité de l’emploi, intérêt du poste, ambiance de travail, etc.), il continue d’accuser un déficit sur deux critères pourtant clés dans la marque employeur : la rémunération et la santé financière. Charge au secteur de la santé de corriger le tir à ce propos.