Alors que l’année 2014 devrait signer le retour d’une croissance plus vigoureuse en Europe, la France devrait bénéficier de cet effet d’entraînement : l’Insee estime ainsi que l’acquis de croissance, au terme du premier semestre, pourrait atteindre + 0,7 %. Davantage que les 0,3 % enregistrés en 2013. Dans ce contexte, les résultats des Randstad Awards 2014 semblent se faire l’écho de l’espoir suscité par une conjoncture certes modeste, mais néanmoins orientée à la hausse. En effet, aux yeux du grand public, le choix d’un employeur – public ou privé – se fera cette année d’abord au regard de sa capacité à proposer une rémunération attractive. Ce critère enregistre un score de 72 %, soit une progression de 13 points par rapport à l´étude 2013. Tous critères confondus, il s´agit de la plus forte hausse.

Les deux facteurs de choix les plus fréquemment cités sont ensuite la sécurité de l’emploi (59 %, en retrait de 7 points par rapport à 2013), qui s´était hissée en tête du classement l´année dernière, et l´ambiance de travail agréable, avec 58 %, un score identique à celui enregistré un an plus tôt. Le bond de la rémunération attractive est à mettre en parallèle avec la chute de la sécurité de l’emploi. Alors que le chômage, toujours selon l’Insee, devrait refluer à partir du second semestre, les Français(e) semblent tourner le dos à l’attentisme, et sont de ce fait moins réticents à exprimer des attentes en matière de salaire – au détriment, donc, de la sécurité de l’emploi.

Si la première place donnée à la rémunération attractive témoigne d’une certaine confiance dans la conjoncture, à l’évolution jugée favorable en 2014, la forte progression affichée par le critère bon équilibre vie privée / vie professionnelle (+ 8 points, deuxième meilleure hausse) conforte l’hypothèse d’un regain d’optimisme. Estimant peut-être que le plus dur est passé, les sondés se recentrent sur leur bien-être, dont le bon équilibre entre la vie privée et professionnelle est l’une des expressions. Notons en outre que la troisième plus forte progression est signée par le critère emplois intéressants. En 2014 plus qu’en 2013, les personnes interrogées attendent donc des entreprises qu’elles leur proposent un challenge professionnel. Il est possible de voir dans ces trois résultats le signe d’une confiance retrouvée dans l’entreprise : celle-ci serait de nouveau un des lieux privilégiés de la réalisation de soi. Un bon salaire, un emploi intéressant et un équilibre de vie : les salariés semblent de nouveau estimer l’entreprise – en atteste d’ailleurs son attractivité globale, en hausse de six points à 35 %.

 

Peu de changement en revanche en queue de classement. Selon l´étude, l´image et les valeurs de l´employeur, sa politique de diversité, sa démarche sociale et environnementale ne sont pas jugés comme déterminants au moment de choisir un employeur. Ces critères apparaissent sans doute comme secondaires aux yeux des sondés à l’heure où leurs attentes se concentrent sur des besoins jugés plus fondamentaux. Dans un contexte de crise, les Français(e)s pensent d’abord à leur salaire ainsi qu’à garder ou trouver du travail ! Mais, par-delà la conjoncture difficile, quelle conclusion en tirer, alors que nombre d´entreprises ont justement érigé la RSE (responsabilité sociale et environnementale) au rang de priorité ces dernières années? Si le verre est à moitié plein, l´on peut alors avancer que les salariés considèrent pareils progrès comme acquis. Ces questions allant de soi, pas la peine de les mettre en avant. A contrario, ces résultats peuvent aussi signaler le fait que les efforts engagés n´ont pas encore trouvé de traduction concrète dans le quotidien professionnel des sondés. Auquel cas il serait temps pour les employeurs de repenser leur politique RSE.