A quelques jours de la Journée Internationale de la Femme, l’Observatoire International de l’Equilibre Hommes / Femmes – porté par des partenaires* de tout premier plan et piloté par Capitalcom – publie les résultats de son enquête de perception réalisée auprès de la société civile de deux pays européens : la France et la Suède.

Face au modèle suédois souvent érigé en référence – où l’égalité entre les sexes s’incarne dans une parité politique désormais naturelle et un engagement précurseur en faveur de la parentalité – l’Observatoire révèle une attente plus forte des Français à l’égard des entreprises en matière d’équilibre hommes/femmes. Notons que dans les deux pays, les femmes sont plus sévères et également plus en attente que les hommes à l’égard des entreprises.

Ces résultats sont sans doute le signe d’une différence d’approche entre les deux pays, portée en France par une politique publique volontariste vis-à-vis de l’ensemble des acteurs, en particulier les entreprises ; davantage axée en Suède sur l’évolution des mentalités. Une évolution culturelle souhaitée par les Français au sein même des entreprises, à travers notamment l’émergence d’un nouveau mode de management.

Trois tendances majeures

1. Un sujet d’entreprise en France, un sujet de société en Suède

2. Santé et finance, les deux secteurs les plus moteurs

3. La conciliation vie privée-vie professionnelle, premier levier de performance économique

Équilibre Hommes / Femmes : Top 3 des entreprises selon l’opinion publique par pays

* Partenaires de l’Observatoire

 

1. Un sujet d’entreprise en France, un sujet de société en Suède

De façon surprenante, les entreprises françaises sont plus reconnues sur le terrain de l’équilibre hommes / femmes que les entreprises suédoises, avecun indice d’impact de 2,8 en France (sur une échelle allant de
-10 à 10), contre 1,7 pour la Suède. Cetindice inédit traduit la perception – par la société civile – de la capacité des entreprises à inscrire l’équilibre hommes/femmes dans une dynamique de performance économique et de progrès pour la société. Si – dans les deux pays – les attentes sont fortes, l’opinion publique française apparaît plus exigeante à l’égard des entreprises, avec un indice d’impact attendu de 6,9 contre 5,8 au pays de Nobel. Dans les deux pays, l’indice est plus élevé aujourd’hui chez les hommes, les femmes ayant – en revanche – plus d’attentes.

Les Français – plus que les Suédois – estiment donc que les entreprises ont un vrai rôle à jouer pour faire évoluer l’équilibre hommes / femmes au sein de la société civile. Cela s’explique peut-être par la mise en place de mesures contraignantes en France, à l’instar de la loi Copé-Zimmermann ou des objectifs chiffrés fixés par les entreprises. Rappelons, à ce titre, que plus de la moitié des entreprises du CAC 40 (23 sociétés en 2013 vs. 16 en 2012) se fixent désormais des objectifs chiffrés en matière de mixité*. Cette attente moindre à l’égard des entreprises en Suède doit également être analysée au regard de la plus forte maturité du pays en matière d’équilibre hommes / femmes : la Suède est classée au 4ème rang du Global Gender Gap Index 2013, publié par le World Economic Forum (14ème pour l’égalité professionnelle et économique), alors que la France arrive seulement à la 45ème position (67ème).

 

Pour les citoyens des deux pays, la contribution de l’équilibre hommes / femmes à la performance économique des entreprises apparaît comme une évidence – le grand public y voit même un levier de performance encore sous-exploité par les entreprises. La tendance est particulièrement marquée en France : 62% des Français – vs. 52% des Suédois – considèrent que les engagements des entreprises en matière d’équilibre hommes / femmes contribuent aujourd’hui à leur performance économique ; ils sont 78% – vs. 67% – à estimer que cela devrait y contribuer, dans l’idéal.

* Donnée issue du 8ème Baromètre annuel Capitalcom sur la Mixité, Juin 2013.

2. Santé et finance, les deuxsecteurs les plus moteurs

L’Observatoire fait apparaître des points de convergence entre les deux pays en ce qui concerne la perception par secteur d’activité : la santé, la finance et, dans une moindre mesure, les technologies de l’information constituent ainsi les secteurs les mieux référencés en matière d’équilibre hommes/femmes. Ces secteurs sont aussi parmi les plus attendus dans les deux pays – derrière les biens de consommation en France.

À l’inverse, l’industrie en France, les biens de consommation et l’énergie en Suède constituent les secteurs les moins attendus en matière d’équilibre hommes / femmes. Ce sont cependant les secteurs qui ont le plus de progrès à réaliser, selon le grand public.

Il est intéressant de constater que les secteurs les mieux référencés dans les deux pays sont ceux où la mixité contribue le plus à la performance économique selon le grand public. C’est par ailleurs dans le secteur des biens de consommation que le potentiel de création de valeur lié à la mixité est jugé le plus élevé.

Cette perception est également corrélée au taux de mixité des secteurs : plus les secteurs sont féminisés, mieux ils sont perçus en matière d’équilibre hommes/femmes. Notons ainsi qu’en France la santé et la finance figurent parmi les secteurs les plus féminisés – tant au niveau des effectifs (avec un taux de mixité respectivement de 48% et 55% en 2011, vs. 33,5% en moyenne au sein du CAC 40) que de l’encadrement (45% et 32%, vs. 28,3% en moyenne*).

* Données issues du 7ème Baromètre annuel Capitalcom sur la Mixité, mars 2012.

3. La conciliation vie privée-vie professionnelle, premier levier de performance économique

Parmi les mesures en faveur de la mixité, l’équilibre vie privée – vie professionnelle est considéré comme le principal levier de création de valeur en France et le deuxième en Suède. Les sondés soulignent ici que les démarches mises en place pour concilier les sphères privée et professionnelle bénéficient autant aux salariés qu’aux entreprises. C’est un signe que désormais les questions de mixité ne doivent plus être traitées sous le seul angle des femmes, mais doivent également associer les hommes.

C’est sur les conditions d’emploi que les entreprises sont les plus attendues et les mieux perçues dans les deux pays. Rappelons qu’en 2013, 7 Français sur 10 considéraient la mise en place de budgets dédiés pour réduire les inégalités salariales entre hommes et femmes comme une des mesures les plus efficaces en matière de mixité*.

L’accès des femmes à des postes de responsabilité demeure un enjeu majeur dans les deux pays. En effet, en Suède, les conseils d’administration des sociétés cotées en bourse comptaient 22,3% de femmes en 2012** – un taux identique à celui des plus grandes sociétés françaises cotées***.

Notons enfin qu’en France, la mise en place d’une nouvelle approche managériale figure également parmi les thèmes jugés prioritaires par le grand public, illustrant ici une volonté de faire évoluer les mentalités dans la sphère professionnelle.

* Donnée issue des résultats de l’Observatoire de la Mixité 2013, Capitalcom / Le Monde

** Women’s Business Research Institute – Suède 2012

*** Donnée issue des Chiffres-clés 2012 sur l’égalité entre les femmes et les hommes, publiés par le Gouvernement