Près de la moitié des étudiants français veulent une carrière à l’international.
Mais qu’y a-t-il derrière cette envie ? Qu’en est-il des autres pays ?

Paris, le 03/02/2014 – Contexte économique difficile, volonté de vivre une expérience enrichissante, d’ajouter un volet international à son CV ou encore de découvrir une autre culture : la « génération Y » a soif d’international. Universum s’est penché sur les tendances à l’expatriation dans chaque pays.

Mais d’où vient cette folie de l’international ?

Dans cette volonté de partir à l’étranger, on peut penser qu’il y a deux facettes : les étudiants recherchent à la fois une expérience à l’étranger, la découverte d’un autre univers, l’ouverture, etc. mais ils souhaitent aussi pouvoir valoriser cette expatriation sur leur CV.

Par ailleurs, dans notre monde actuel, les distances sont raccourcies et il est désormais très facile de tout quitter pour partir à l’autre bout du monde, tout en sachant que l’on peut revenir dans notre pays d’origine si les choses ne se passent pas comme on le souhaite. La « génération Y » est souvent qualifiée de « zappeur » et les étudiants peuvent aussi zapper entre les pays, choisissant de partir s’installer ici, puis là, pour finalement revenir en France, parfois pour mieux repartir.

Enfin certains étudiants expriment surement leur ras-le-bol général dans cette volonté de partir, le contexte économique français affaiblit l’implication des étudiants dans leurs pays et beaucoup vont chercher une meilleure vie ailleurs.

L’appel du large

En France, où l’ambiance est plutôt pessimiste sur le marché du travail, 47%1 des étudiants en écoles de commerce et 40% des élèves en école d’ingénieurs souhaitent commencer leur carrière à l’étranger.
Du côté des commerciaux, les étudiants français sont ceux qui cherchent le plus à s’expatrier, devant leurs camarades italiens (40%) et autrichiens (38%). Viennent ensuite les espagnols (35%) et étonnamment les Suisses (33%). Le taux de chômage très bas dans ce pays ne semble pas suffire à éviter la fuite des cerveaux.
Chez les ingénieurs, les italiens sont les plus enclins à partir à l’étranger (46%), suivis des espagnols (42%) puis des français. En queue du classement on retrouve les chinois et japonais avec seulement 13%.

Plus marquant encore, les 3/4 des étudiants français affirment que s’ils se voient proposer un travail attractif à l’étranger, ils le prendraient sans hésiter. Ce chiffre montre que quel que soit le projet professionnel des étudiants, qu’il se dessine en France ou à l’étranger, si l’opportunité de s’expatrier vient à eux, ils n’hésiteront pas longtemps.
Chez leurs camarades du monde entier, ce pourcentage tombe à 61%. Aux États-Unis plus spécifiquement, seuls un peu plus de la moitié des étudiants accepteraient l’offre de travail et 1/3 dirait non sans hésiter, alors qu’en France seuls 2% des étudiants la refuseraient. L’appel de l’international est bien plus ancré chez nos étudiants français. Les étudiants américains eux, plus sûrs de leur pays et des opportunités dont il regorge, ressentent moins cette envie d’ailleurs. Pourquoi quitter un pays dans lequel on peut vivre « the American Dream » ? Un pays dans lequel le reste du monde rêve de vivre et travailler ?

Autre preuve de cette tendance à l’expatriation, lorsqu’on demande aux étudiants français ce qui compte le plus pour eux dans leur choix de carrière et d’employeur, le fait d’avoir des opportunités d’expatriation ou de déplacements à l’étranger arrive en 5ème position chez les commerciaux et 7ème chez les ingénieurs, sur une grille de 40 critères.

International = un poste basé à l’étranger ? Pas seulement !

Cependant, cette recherche de l’international peut se traduire de différentes façons et pas seulement par un emploi situé hors de France. Les étudiants sont effectivement très sensibles aux possibilités de s’expatrier, mais aussi au simple fait que leur emploi leur permette de voyager de manière ponctuelle ou encore, d’avoir des interactions avec des collègues ou clients à l’international. Certains préfèrent rester dans leur pays d’origine, tout en bénéficiant d’un environnement international. Un siège social situé dans un autre pays, des collègues qui viennent de différents pays et avec qui on communique en anglais par exemple, des séminaires á l’étranger : toute opportunité « d’internationaliser » un poste est intéressante pour les étudiants.

Quelles entreprises sont le plus associés à l’aspect international ?

Regardons de plus près les entreprises les plus associées à chaque critère, dans la filière Commerce/Management : (Source Universum enquête 2013, menée entre Novembre 2012 et Février 2013.)

Le tourisme ressort sans surprise sur ces critères liés à l’international, ainsi que le domaine du Conseil et des Biens de grande consommation. L’implantation des grands groupes travaillant dans ce domaine ainsi que les interactions entre les filiales et les clients dans le monde entier séduisent les jeunes diplômés.

Accor ressort numéro un sur les deux critères, son implantation dans 92 pays ouvre de vraies opportunités de mobilité aux jeunes diplômés et l’entreprise a su le communiquer auprès des jeunes diplômés.

Airbus a bien compris également l’importance de l’international : sur son site carrière, dans la rubrique « Pourquoi Airbus ? Ce que nous offrons », l’entreprise a décidé de mettre en avant trois éléments principaux, dont l’international : « En tant qu’entreprise internationale riche de sa diversité, nous favorisons activement la mobilité grâce un large choix d’options personnalisées, allant des projets de travail à court terme aux missions à plus long terme partout dans le monde. » L’accent est mis sur l’ambiance de travail international, la diversité et les possibilités de mobilité, à court ou long terme. Cela permet au groupe d’être très bien classé parmi les employeurs associés à l’expatriation ou aux opportunités de déplacements à l’étranger.

De même chez British American Tobacco, qui met également fortement en avant cet aspect sur son site carrière : « Avec ses collaborateurs de quelque 15 nationalités différentes, British American Tobacco France est résolument internationale. » Et cela paye : lorsque l’on demande aux étudiants le premier mot qu’ils associent à l’entreprise, on peut en toute logique s’attendre à des mots tels que « cigarette » ou « tabac », or c’est le mot « international » qui ressort en premier ! 2

Toutes les entreprises n’ont pas la possibilité de proposer l’expatriation à leurs employés, mais cette étude nous montre que d’autres critères liés à l’international peuvent être tout autant attractifs pour les candidats.

1 Source Universum enquête 2013, menée entre Novembre 2012 et Février 2013.

2 Source Universum enquête 2013, menée entre Novembre 2012 et Février 2013.